Un verdict sévère pour des faits d’une gravité exceptionnelle
Le tribunal de district d’une ville suédoise a prononcé, le mardi 16 juin, une peine de quatre ans et cinq mois d’emprisonnement à l’encontre d’un homme âgé de 61 ans. Celui-ci a été reconnu coupable d’avoir, pendant plusieurs années, contraint son épouse à se prostituer auprès d’environ 120 hommes. Les faits, qualifiés de « particulièrement graves » par les magistrats, se sont déroulés entre 2019 et 2024, dans le domicile conjugal et dans d’autres lieux privés.
Le sexagénaire a été condamné pour « proxénétisme aggravé » et « violences conjugales ». Selon les éléments du dossier, il contrôlait l’ensemble des rendez-vous, percevait les sommes versées par les clients et soumettait son épouse à des pressions psychologiques constantes. L’enquête a révélé qu’il utilisait des sites internet pour recruter les hommes et qu’il fixait lui-même les tarifs.
L’épouse, qui a témoigné à huis clos durant les audiences, a décrit un quotidien fait de menaces et d’humiliations. Elle a indiqué n’avoir jamais consenti à cette activité, agissant sous la contrainte et la peur des représailles. Son avocate a salué un jugement qui « reconnaît enfin la souffrance endurée ».
Une affaire qui rappelle le procès de Dominique Pelicot
Cette affaire a profondément choqué l’opinion publique suédoise, d’autant qu’elle présente des similitudes frappantes avec l’affaire dite « Pelicot », du nom de ce Français condamné en 2024 à vingt ans de prison pour avoir drogué et livré son épouse à des inconnus. Dans les deux cas, les maris ont agi dans le secret du foyer, durant une longue période, en exploitant la vulnérabilité de leur conjointe.
Le parquet avait requis une peine de six ans de réclusion, mais les juges ont retenu une durée moindre, en tenant compte de l’âge du prévenu et de l’absence d’antécédents judiciaires. La défense a annoncé son intention de faire appel de cette décision.
Un procès sous haute tension médiatique
Le procès, qui s’est tenu à huis clos pendant plusieurs semaines, a attiré une attention considérable des médias et des associations féministes. Plusieurs collectifs ont manifesté devant le palais de justice pour réclamer une peine exemplaire. Une porte-parole d’une organisation de défense des droits des femmes a déclaré que « cette condamnation envoie un signal fort aux victimes de violences conjugales et de proxénétisme ».
Les débats ont notamment porté sur la difficulté à établir la preuve de la contrainte morale, en l’absence de violences physiques régulières. Les experts psychiatres ont néanmoins conclu que l’épouse présentait un syndrome de stress post-traumatique compatible avec les faits allégués.
Réactions et implications
Le verdict a été accueilli avec soulagement par les associations d’aide aux victimes, mais aussi avec une certaine amertume, certains estimant que la peine n’est pas à la hauteur de la gravité des actes. Le parquet pourrait faire appel du jugement sur la durée de la peine.
Cette affaire relance le débat en Suède sur la législation relative au proxénétisme et à la protection des conjointes. Le pays, qui a dépénalisé la prostitution en 1999 tout en criminalisant le recours à des services sexuels rémunérés, applique une politique pénale stricte en la matière.
Le condamné, dont l’identité n’a pas été rendue publique pour protéger celle de la victime, devra également verser des dommages et intérêts à son ex-épouse. Le montant exact n’a pas été précisé.