Une frappe de représailles américaine

Le Commandement central des États-Unis a annoncé avoir mené des frappes aériennes tard dans la nuit de vendredi contre des sites de stockage de missiles et de drones, ainsi que des positions radar situées le long de la côte sud de l'Iran. L'opération a été présentée comme « une réponse puissante » à l'attaque survenue la veille contre un navire marchand traversant le détroit d'Ormuz.

Jeudi, le porte-conteneurs Ever Lovely, battant pavillon singapourien, a été touché par un projectile non identifié au large des côtes omanaises. L'Iran n'a ni revendiqué ni démenti cette attaque. Le président américain Donald Trump a qualifié cet incident de « violation insensée » de l'accord de cessez-le-feu, ajoutant que les forces américaines avaient également intercepté trois autres drones lancés lors de la même opération coordonnée.

Téhéran accuse Washington de violation

De son côté, l'Iran a riposté en frappant ce qui a été présenté comme une base américaine au Koweït, une information démentie par les autorités koweïtiennes. Selon des sources proches du gouvernement iranien, Téhéran considère que les frappes américaines constituent une violation claire du mémorandum d'entente signé le 15 juin. Les deux camps s'accusent désormais mutuellement de compromettre le fragile cessez-le-feu.

Le détroit d'Ormuz, enjeu stratégique

Au cœur de cette nouvelle escalade se trouve la question du contrôle du détroit d'Ormuz, cette voie maritime stratégique par laquelle transite une part significative du pétrole et du gaz mondial. L'Iran avait fermé ce passage en représailles à la guerre américano-israélienne, avant de le rouvrir après la signature de l'accord du 15 juin. Depuis lors, 172 navires avaient pu transiter, selon des données compilées avant les dernières hostilités.

Un accord déjà fragilisé

L'accord préliminaire signé le 15 juin entre le président Trump et son homologue iranien Massoud Pezeshkian avait permis une trêve et la réouverture du détroit. Mais les analystes estiment que les affrontements de ces derniers jours menacent de faire voler en éclats cet arrangement. Les États-Unis affirment que l'attaque contre l'Ever Lovely constitue une violation du cessez-le-feu, tandis que l'Iran rétorque que les frappes américaines sont la véritable infraction.

La situation reste extrêmement tendue, et l'avenir du mémorandum d'entente semble incertain. Les pourparlers qui se déroulaient en Suisse entre les délégations américaine et iranienne pour clarifier les termes de la fin de la guerre sont désormais compromis par cette reprise des hostilités.