L'accélération de l'inflation se confirme aux États-Unis. Selon les données publiées par le Bureau of Labor Statistics (BLS), les prix à la consommation ont augmenté de 4,2 % sur un an en mai, contre 3,8 % le mois précédent. Il s'agit du rythme le plus élevé depuis avril 2023. Cette poussée est principalement attribuée à l'envolée des prix de l'énergie, qui représente environ 60 % de l'inflation totale enregistrée le mois dernier.
Hausse des prix de l'énergie et pression sur les ménages
Le conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz continuent de perturber les marchés pétroliers. Les prix à la pompe, bien qu'en léger repli ces derniers jours, restent élevés, s'établissant à un peu plus de 4 dollars par gallon. Depuis le début des hostilités en Iran, le coût du carburant a bondi d'environ 50 %. Cette situation pèse lourdement sur le budget des Américains, d'autant que d'autres postes de dépenses, comme l'alimentation, sont également touchés. Le prix de la viande de bœuf a ainsi grimpé de près de 13 % sur un an, une tendance qui pourrait s'aggraver en raison de la détection d'un parasite dans un élevage au Texas, une première en 50 ans.
L'inflation sous-jacente tempère l'inquiétude
Malgré ce chiffre élevé, l'inflation dite « cœur », qui exclut l'énergie et les produits alimentaires, n'a progressé que de 0,2 % en mai, un résultat légèrement inférieur aux anticipations des analystes. Cette modération suggère que les pressions inflationnistes restent largement circonscrites aux secteurs directement liés à l'énergie. Par ailleurs, le prix des biens manufacturés a légèrement reculé, signalant selon certains observateurs la fin des effets inflationnistes des mesures protectionnistes mises en place précédemment.
Pouvoir d'achat en berne et épargne au plus bas
La hausse des prix grignote le pouvoir d'achat des salariés. Le salaire horaire réel moyen a de nouveau reculé en mai, accusant désormais une baisse de 0,7 % sur un an, selon des données parallèles du BLS. Pour amortir le choc, les ménages puisent dans leurs réserves. Le taux d'épargne est tombé à 2,6 % en avril, un niveau historiquement bas qui n'avait été observé que lors de l'invasion de l'Ukraine et avant la crise financière de 2008.
Le nouveau président de la Fed face à un dilemme
Cette situation place le nouveau président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, dans une position délicate. Nommé par Donald Trump avec pour mission de réduire les taux, il doit composer avec une résurgence de l'inflation et une remontée des taux de marché. Sa première réunion de politique monétaire, prévue les 16 et 17 juin, sera particulièrement attendue. Les investisseurs chercheront à savoir s'il privilégie le retour de l'inflation vers l'objectif de 2 % – un seuil non atteint depuis plus de cinq ans – ou s'il cède aux pressions politiques. L'instabilité géopolitique persiste
L'horizon économique reste incertain. Donald Trump a menacé l'Iran de conséquences pour ses atermoiements dans les pourparlers de paix, suggérant qu'une résolution rapide du conflit n'est pas en vue. De son côté, Christopher Hodges, économiste en chef de Natixis pour les États-Unis, estime que si la pression sur les coûts énergétiques n'est pas encore retombée, le ralentissement attendu de la consommation pourrait limiter le pic d'inflation à un niveau inférieur aux prévisions.