La température moyenne de surface des océans a atteint 20,98 °C en juin, un niveau inédit pour ce mois, dépassant les records précédents établis en 2023 et 2024, selon les relevés du service Copernicus de l'Union européenne. Ce nouveau sommet s'inscrit dans une séquence de six mois de chaleur océanique quasi sans précédent, marquée par des vagues de chaleur marines prolongées.
Les scientifiques soulignent que l'arrivée d'un phénomène El Niño, potentiellement puissant, pourrait encore amplifier les températures océaniques et atmosphériques dans les prochains mois. Carlo Buontempo, directeur du service Copernicus sur le changement climatique, a prévenu que les conditions actuelles pourraient « indiquer le début d'une nouvelle phase, menant une fois de plus vers un territoire inexploré ». Il a ajouté qu'« avec des températures océaniques à ces niveaux et El Niño à l'horizon, nous allons probablement voir davantage de records de température tomber dans les mois à venir ».
Un facteur amplificateur : le retour d'El Niño
L'épisode El Niño, caractérisé par des eaux anormalement chaudes dans certaines parties de l'océan Pacifique, a été officiellement confirmé quelques semaines auparavant. Ce phénomène climatique naturel relâche de la chaleur dans l'atmosphère et modifie les régimes de vents, de nuages et de précipitations à l'échelle mondiale. Il peut accroître les risques d'événements extrêmes, allant des inondations au Pérou aux sécheresses en Afrique et aux incendies de forêt en Australie.
L'arrivée d'El Niño se superpose au réchauffement à long terme provoqué par la combustion des énergies fossiles par l'humanité. Les températures terrestres et marines avaient déjà atteint un niveau record absolu en 2024, à la fin du précédent épisode El Niño. Selon Simon Van Gennip, océanographe principal du service Copernicus, « avec l'arrivée et le début d'une année El Niño, nous pouvons nous attendre à ce que 2026 figure parmi les plus chaudes jamais enregistrées ».
Des conséquences déjà visibles
Les eaux de surface ont battu des records dès le 21 juin, effaçant les précédents hauts niveaux de 2023 et 2024. La moyenne des températures océaniques sur le premier semestre 2026 s'établit à 20,04 °C, légèrement en dessous du record de la même période en 2024 mais néanmoins très élevée. Les scientifiques estiment que les conditions actuelles pourraient annoncer une phase nouvelle, ouvrant la voie à des territoires climatiques encore jamais explorés.
Les experts préviennent que cette chaleur océanique exceptionnelle a des répercussions directes sur les écosystèmes marins, la pêche et les événements météorologiques extrêmes. La combinaison du réchauffement anthropique et d'El Niño pourrait également pousser les températures atmosphériques à de nouveaux sommets dans les prochains mois.