Un nouvel incident est venu troubler la région parisienne, alors que les autorités luttent toujours contre les conséquences des incendies de la forêt de Fontainebleau. Dans la soirée du vendredi 17 juillet, aux alentours de 23 heures, les forces de l'ordre ont été alertées d'un départ de feu dans le bois de Boulogne, dans le 16e arrondissement de Paris.
Sur place, les policiers ont découvert un début d'incendie sur un tas de broussailles, qui se propageait déjà au tronc d'un arbre. Ils sont parvenus à maîtriser les flammes à l'aide d'extincteurs, évitant une propagation qui aurait pu être rapide dans ce secteur boisé de l'ouest parisien. Au total, environ un mètre carré de végétation a été consumé et l'arbre a été noirci.
L'auteur présumé, un individu né en 2002, a été interpellé sur les lieux. Lors de son audition, il a reconnu avoir eu l'intention de mettre le feu au bois de Boulogne. Il a été placé en garde à vue pour dégradation volontaire par incendie. Selon le parquet de Paris, sa garde à vue a été prolongée et l'enquête a été confiée au commissariat du 16e arrondissement.
Enquêtes judiciaires sur les feux de Fontainebleau
Cet incident survient alors que l'enquête sur les incendies qui ont ravagé la forêt de Fontainebleau connaît de nouvelles avancées. Depuis le début de la semaine, plusieurs personnes ont été mises en cause. Dimanche et lundi, deux départs de feu distincts ont brûlé environ 2.200 hectares de forêt.
Mercredi, deux jeunes hommes âgés de 18 ans, dont un pompier volontaire, ont été mis en examen et placés en détention provisoire. Ils sont soupçonnés d'avoir volontairement allumé des incendies à Arbonne-la-Forêt et à Fontainebleau.
Jeudi, deux ouvriers d'une société de travaux routiers, la société Aximum, ont également été mis en examen pour « destruction involontaire par incendie par manquement à une obligation de sécurité ou de prudence ». Selon la procureure de la République de Fontainebleau, Diane Ngomsik, ces ouvriers intervenaient le 12 juillet sur l'autoroute A6 à hauteur de Noisy-sur-École pour réparer des glissières de sécurité. L'utilisation d'une disqueuse thermique aurait généré des étincelles, embrasant la végétation en bordure de route, puis gagnant la forêt. Le gérant de la société, âgé de 42 ans, a également été présenté à la justice. La procureure a précisé que des réquisitions de placement sous contrôle judiciaire seraient prises à l'encontre des trois hommes, et que la société Aximum, en tant que personne morale, est visée par la mise en examen, avec une demande de cautionnement.
Mobilisation toujours en cours
Sur le terrain, environ 500 pompiers restent mobilisés pour surveiller les dernières zones brûlées et empêcher toute reprise de feu. La situation est considérée comme stabilisée, mais la prudence reste de mise en raison des conditions météorologiques et de la sécheresse. Aucune nouvelle information n'a été communiquée concernant l'utilisation de Canadair pour la lutte anti-incendie, même si les moyens aériens ont été largement déployés depuis le début de la crise.
Les habitants évacués du Vaudoué ont pu regagner leurs domiciles. Dans un reportage, l'un d'eux a confié : « Si j'avais à choisir, j'aurais préféré que ma maison brûle et que la forêt reste intacte », illustrant l'attachement profond à ce massif forestier symbolique.
Un contexte de tensions
Ces événements interviennent dans un climat de forte sensibilité autour des incendies, alors que la France connaît une vague de chaleur. La question des moyens de lutte aérienne a été soulevée par des élus, certains déplorant un manque de Canadair et plaidant pour un recours à l'industrie nationale.