Le Parti socialiste (PS) a lancé ce lundi 8 juin son nouveau cercle de réflexion, baptisé Noûs. Selon la direction du parti, cette structure doit permettre le «renouvellement de la pensée socialiste pour mener la bataille culturelle face à l’internationale réactionnaire et ses avatars politiques, médiatiques et culturels». Parmi les personnalités invitées à cette inauguration figurent des universitaires, un avocat, un philosophe, une réalisatrice ainsi que l’ancien préfet de police de Paris, Didier Lallement.

Cette présence a immédiatement suscité l’opposition de jeunes socialistes, qui ont fait circuler une lettre ouverte pour la dénoncer. Les signataires estiment que Didier Lallement incarne «la dérive autoritaire de la macronie» et jugent incompatible sa participation avec les valeurs défendues par le parti. Des demandes d’annulation de l’invitation ont été formulées, restées sans suite.

Interrogée sur cette controverse, la direction du PS a répondu en assumant pleinement le choix de l’invité. Les organisateurs ont expliqué que la venue de Didier Lallement était l’occasion de «dire nos désaccords fondamentaux» et de s’engager dans une «confrontation idéologique». Pour eux, le débat d’idées, même avec des personnalités controversées, fait partie du rôle d’un think tank.

Noûs – un mot grec signifiant «esprit» ou «intelligence» – ambitionne de devenir un laboratoire d’idées pour la gauche sociale-démocrate. Le PS entend ainsi renouveler sa doctrine et peser dans le débat public face aux forces réactionnaires. L’invitation de Didier Lallement, figure clivante en raison de son action à la tête de la préfecture de police de Paris, témoigne de la volonté du parti d’ouvrir ses réflexions à des personnalités extérieures, quitte à heurter une partie de ses militants.

La lettre ouverte des jeunes socialistes a été largement partagée sur les réseaux sociaux, mais la direction du PS reste campée sur sa position. Le débat interne promet de se poursuivre au sein du mouvement, entre partisans d’une ligne d’ouverture et défenseurs d’une orthodoxie de gauche.