Le parti au pouvoir en Éthiopie a conforté sa domination lors des élections législatives du 1er juin. La présidente de la Commission électorale nationale (NEBE), Melatwork Hailu, a annoncé dimanche que le Parti de la prospérité (PP) du Premier ministre Abiy Ahmed avait remporté 438 des 486 sièges de la Chambre des représentants des peuples, soit environ 90 % des suffrages exprimés. Ce score, qualifié de « majorité écrasante » par les observateurs, confère au chef du gouvernement un nouveau mandat de cinq ans, le Parlement étant chargé d’élire le Premier ministre.

Un scrutin marqué par des absences

Ces élections se sont déroulées sans que le vote puisse avoir lieu dans plusieurs régions du pays, notamment dans certaines zones des régions du Tigré, de l’Amhara et de l’Oromia. Ce contexte de conflits non résolus a conduit des analystes à souligner que l’absence de scrutin dans ces parties du territoire reflète les défis sécuritaires persistants. Bizuneh Yimenu, un chercheur cité par les autorités, a exprimé l’espoir que le nouveau mandat serve à apporter « la paix et la sécurité » dont la population a besoin.

Une opposition fragmentée et sans moyens

Face au Parti de la prospérité, qui a présenté 461 candidats, l’opposition s’est montrée incapable de constituer une alternative crédible. Plus de quarante formations politiques se sont présentées, mais la plupart manquaient de financement. Le principal parti d’opposition, Ezema, n’a pu aligner que 293 candidats. En outre, le parti au pouvoir n’a eu aucun adversaire dans 64 circonscriptions. La NEBE a confirmé que la victoire du PP représente environ 90 % des sièges contestés.

Un pays toujours en proie aux insurrections

L’Éthiopie reste marquée par de multiples insurrections ethniques nationalistes, et des groupes rebelles sont encore actifs dans plusieurs régions. Le Tigré, théâtre d’un conflit dévastateur entre 2020 et 2022, demeure une zone de tension. Les résultats publiés confirment les prévisions des experts, qui s’attendaient à une large victoire du parti dominant malgré ces crises.