Un week-end record pour la franchise
Sorti le 19 juin, « Toy Story 5 » a engrangé plus de 160 millions de dollars en Amérique du Nord lors de son premier week-end d'exploitation, selon les données de Rentrak, un cabinet spécialisé. Ce score constitue le meilleur démarrage de l'année dans les salles américaines, dépassant les 130,9 millions de dollars récoltés par « Super Mario Bros. Galaxy » en avril. À l'échelle mondiale, le long-métrage atteint environ 312 millions de dollars, dont plus de 150 millions à l'international. Ces chiffres en font la deuxième plus grosse sortie mondiale de l'année derrière le film mettant en scène le célèbre plombier.
Avec un budget de production estimé à 250 millions de dollars, auquel s'ajoutent des coûts marketing sensiblement équivalents, le film devra doubler cette mise pour être rentable. Les précédents volets de la franchise ont toutefois montré une capacité à générer des recettes confortables : « Toy Story 3 » et « Toy Story 4 » ont chacun franchi le milliard de dollars au box-office mondial.
Un été sous le signe du retour en salles
La performance de « Toy Story 5 » s'inscrit dans une dynamique plus large pour l'industrie cinématographique. Depuis le début de la saison estivale, qui court du 1er mai au Labor Day, les spectateurs nord-américains ont dépensé environ 1,85 milliard de dollars en billets. Ce montant marque une hausse de 16 % par rapport à la même période de l'année précédente, selon Rentrak. Il s'agit du meilleur démarrage de la saison depuis 2019, année où les recettes s'établissaient à 1,87 milliard de dollars sur la même période. L'été représente historiquement environ 40 % des ventes annuelles de billets aux États-Unis.
Un succès qui rassure Disney et Pixar
Ce succès constitue un signal positif pour Disney et Pixar, qui ont connu plusieurs déconvenues récentes. Le spin-off « Lightyear » et le film « Elio » n'ont pas rencontré leur public, tandis que « The Mandalorian and Grogu », dernier dérivé de la franchise Star Wars, n'a pas encore doublé son budget de 165 millions de dollars. Le contexte post-pandémique a en outre vu une baisse globale des recettes des salles obscures, les studios peinant à attirer de nouveau les foules face à la concurrence des plateformes de streaming.
La franchise « Toy Story », née en 1995 avec la révolution de l'animation en images de synthèse, totalise désormais plus de 3 milliards de dollars de recettes mondiales. Le cinquième volet, réalisé par Andrew Stanton, connu pour « Le monde de Nemo » et « WALL-E », et co-réalisé par McKenna Harris, a obtenu la note A sur CinemaScore, indice de satisfaction du public aux États-Unis.
Un scénario qui fait écho aux préoccupations parentales
Dans cet épisode, les jouets emblématiques — Woody, Buzz l'Éclair et Jessie — affrontent un nouvel adversaire : une tablette numérique en forme de grenouille. Cette intrigue a été perçue par certains critiques comme une métaphore des défis posés par les écrans aux jouets traditionnels, suscitant des réactions contrastées parmi les parents. L'analyste David Gross, du cabinet Franchise Entertainment Research, a qualifié cette sortie de « nouvelle sortie sensationnelle pour une suite d'un film Pixar », soulignant une progression de 37 % par rapport au démarrage de « Toy Story 4 ».
Un classement dominé par les suites
Le film laisse loin derrière lui les autres sorties du week-end. Le long-métrage de science-fiction de Steven Spielberg, « Disclosure Day », avec Emily Blunt et Josh O'Connor, s'est classé deuxième au box-office nord-américain pour son deuxième week-end, avec 17 millions de dollars de recettes. Ce nouvel opus confirme la capacité des sagès établies à générer des revenus importants, même si les analystes rappellent que le marché reste volatil et que le retour à la normale n'est pas acquis pour l'ensemble de l'industrie.