Trois personnes, toutes victimes françaises de l'attaque perpétrée par le Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d'Israël, ont saisi la justice en déposant une plainte visant Jean-Luc Mélenchon. La procédure, introduite le 29 juin 2026, accuse le chef de La France insoumise (LFI) d'apologie du terrorisme. Elle fait suite à des propos tenus par l'ancien candidat à la présidentielle, qui a jugé « discutable » la qualification des massacres commis ce jour-là comme étant de nature terroriste.
Les fondements de la plainte
Les plaignants, dont l'identité n'a pas été rendue publique, estiment que les déclarations de Jean-Luc Mélenchon constituent une justification des actes criminels qui ont causé la mort de centaines de civils israéliens et étrangers, ainsi que l'enlèvement de nombreuses personnes. En remettant en cause le caractère terroriste de l'attaque, le député européen aurait, selon la partie civile, enfreint la loi française réprimant l'apologie du terrorisme. Cette infraction est définie par le fait de présenter sous un jour favorable des actes qualifiés de terrorisme par les autorités.
Le contexte des propos incriminés
Depuis l'attaque du 7 octobre 2023, qui a vu des commandos du Hamas tuer plus d'un millier de personnes et en prendre en otage plusieurs centaines, Jean-Luc Mélenchon tient une position critique à l'égard de l'action militaire israélienne dans la bande de Gaza. Dans plusieurs interventions publiques, il a notamment refusé de qualifier le Hamas d'organisation terroriste, préférant parler de « mouvement de résistance ». Les propos qui sont aujourd'hui au centre de la plainte auraient été prononcés lors d'une interview dans laquelle le leader insoumis a estimé que la caractérisation terroriste des massacres était « discutable ».
Les précédents judiciaires
Ce n'est pas la première fois que Jean-Luc Mélenchon se trouve confronté à des poursuites judiciaires pour ses positions sur le conflit israélo-palestinien. En 2024, il avait déjà été visé par plusieurs plaintes après avoir qualifié l'attaque du 7 octobre de « simple acte de guerre ». Ces procédures avaient toutefois été classées sans suite par le parquet de Paris, au motif que les propos litigieux relevaient du débat politique et non d'une incitation directe à la haine ou à la violence. La nouvelle plainte déposée en juin 2026 pourrait toutefois aboutir à une instruction si les juges estiment que les déclarations dépassent le cadre du discours politique toléré.
Les réactions politiques
Cette action en justice a relancé les polémiques autour de la position de La France insoumise sur le conflit au Proche-Orient. Les opposants de Jean-Luc Mélenchon, notamment au sein des partis de la majorité présidentielle et de la droite, ont dénoncé des propos qu'ils jugent complaisants envers le Hamas. À l'inverse, des soutiens du leader insoumis dénoncent une tentative de museler la liberté d'expression et de réduire le débat sur le conflit israélo-palestinien à une question de terrorisme.
Les suites judiciaires à attendre
La plainte ayant été déposée, le parquet de Paris dispose désormais d'un délai pour décider d'ouvrir une enquête préliminaire ou de classer l'affaire. En cas d'ouverture d'une information judiciaire, un juge d'instruction pourrait être saisi pour déterminer si les propos de Jean-Luc Mélenchon constituent effectivement une apologie du terrorisme. Les plaignants, représentés par leur avocat, espèrent que la justice se prononcera rapidement sur le fond de l'affaire, estimant que le doute sur la qualification terroriste des massacres du 7 octobre 2023 est une souffrance supplémentaire pour les victimes et leurs familles. Jean-Luc Mélenchon n'a pas pour l'instant commenté publiquement cette nouvelle procédure.