Le président Donald Trump a exhorté samedi 30 mai à annuler purement et simplement la série de concerts organisée pour le 250e anniversaire de l'indépendance américaine, après une cascade de désistements parmi les artistes initialement annoncés. Dans un message sur son réseau Truth Social, M. Trump a écrit : « Annulez ça », avant d'ajouter : « Nous devrions organiser un immense rassemblement MAKE AMERICA GREAT AGAIN, pour le 250, au lieu d'avoir des chanteurs hors de prix, que personne ne veut entendre, dont la musique est ennuyeuse et qui ne font que se plaindre. »
Le groupe Freedom 250, chargé par l'administration de coordonner les festivités, avait dévoilé mercredi une programmation de neuf artistes pour une série de concerts de seize jours, baptisée la « Great American State Fair », qui devait se dérouler sur le National Mall à Washington du 25 juin au 10 juillet. Mais dès l'annonce, plusieurs têtes d'affiche ont annoncé leur retrait, affirmant avoir été induites en erreur sur la nature de l'événement.
La chanteuse de country Martina McBride a déclaré sur les réseaux sociaux que l'on « m'a présenté l'opportunité de me produire lors d'un événement non partisan, mais cela s'est révélé trompeur ». Le rappeur Young MC, connu pour son tube « Bust a Move » (1989), a indiqué que « les artistes n'ont jamais été informés d'une implication politique dans l'événement ». Le rockeur Bret Michaels, leader de Poison, a écrit que « ce qui nous a été présenté comme une célébration de notre pays a évolué vers quelque chose de bien plus clivant que ce à quoi j'avais accepté de participer ». Les Commodores et Morris Day and the Time ont également annulé leur participation.
Dans un premier message publié samedi, M. Trump avait suggéré de se substituer aux artistes défaillants en se produisant lui-même. Se qualifiant de « numéro un de l'attraction dans le monde entier » et affirmant réunir « des audiences bien plus larges qu'Elvis à son apogée », il a demandé à ses représentants d'étudier « la faisabilité d'un rassemblement America Is Back mercredi, Washington, même heure, même endroit. Seuls les grands patriotes sont invités ». Ce message a semé une certaine confusion, car les concerts du Freedom 250 sont programmés les jeudis, vendredis et samedis, pas le mercredi. Interrogé sur ce point, un porte-parole de la Maison-Blanche s'est contenté de renvoyer au message du président.
Danielle Alvarez, porte-parole de Freedom 250, a annoncé samedi que M. Trump prononcerait un discours d'ouverture lors d'une cérémonie mercredi 24 juin, veille du début officiel des concerts. Un haut responsable de l'administration, qui s'est exprimé sous couvert d'anonymat, a qualifié le déploiement de la programmation de « bazar » et laissé entendre que quelqu'un pourrait être licencié en raison de la façon dont les invitations avaient été gérées.
Plusieurs artistes ont toutefois confirmé leur participation. Le rappeur Vanilla Ice a déclaré sur Instagram que l'événement « n'est pas une plateforme politique. C'est une fête d'anniversaire pour l'Amérique ». Dans un entretien accordé vendredi à TMZ, il a précisé : « Je ne considère pas que ce soit une affaire politique. Je ne vote même pas, donc je m'en fiche. » Il a ajouté être prêt à jouer « pour Poutine ou en Iran, peu importe ». Le duo Milli Vanilli – du moins le chanteur Fab Morvan – doit également se produire, même si une des voix du groupe (Jodie Rocco) a affirmé n'avoir jamais été sollicitée. Le rappeur Flo Rida n'a pas encore pris position publiquement, tandis que le groupe C+C Music Factory a indiqué être encore en réflexion.
Freedom 250 a été créé l'année dernière par l'administration Trump, et le président en a nommé le directeur général. L'organisation affirme être non partisane, mais sa porte-parole a précisé que « en tant que visionnaire de la Great American State Fair, nous sommes ravis d'annoncer que le président Trump va personnellement lancer cette célébration historique ». Parallèlement, le Congrès a créé il y a dix ans l'organisme bipartite America250, qui organise ses propres événements pour le 4 juillet dans plusieurs villes.
La Maison-Blanche soutient plusieurs initiatives de Freedom 250 : un combat d'UFC sur sa pelouse Sud, la foire d'été sur le National Mall et un Grand Prix automobile dans la capitale en août. Un passeport commémoratif limité à l'effigie de Trump sera également émis. La série de concerts devait être l'un des temps forts des célébrations du 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance.