Un rendez-vous sous tension à la Maison-Blanche
Donald Trump a reçu mercredi 24 juin le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, dans le Bureau ovale. La rencontre a rapidement tourné autour d’un grief récurrent de l’administration américaine : l’absence de participation des alliés européens à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
« Nous n’avions pas besoin d’aide, nous les avons anéantis dès la première semaine, mais il aurait été agréable qu’ils disent qu’ils voulaient nous aider », a déclaré le président américain devant les caméras. Il a ajouté que l’Alliance l’avait « déçu ».
Rutte met en avant l’appui logistique européen
Mark Rutte a répondu en défendant le rôle des Nations européennes pendant le conflit. Il a indiqué qu’entre 4 000 et 5 000 appareils américains avaient décollé de bases situées en Europe pour prendre part aux opérations. Cette argumentation visait à démontrer que les alliés avaient tout de même apporté un soutien indirect essentiel.
Le secrétaire général a également cherché à apaiser les tensions après la rencontre, assurant aux journalistes que Donald Trump restait « totalement engagé envers l’OTAN » et que Washington « protégerait absolument » l’Europe en cas d’attaque.
Un sommet décisif à Ankara
Cet échange intervient à deux semaines du sommet annuel de l’OTAN, prévu les 7 et 8 juillet dans la capitale turque, Ankara. Les 32 membres de l’Alliance y discuteront de la répartition des responsabilités en matière de défense et de l’avenir de la relation transatlantique.
La guerre menée conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran a débuté le 28 février. L’offensive a été lancée sans consultation préalable des membres de l’OTAN, ce qui avait suscité des réserves parmi plusieurs capitales européennes.
Des tensions croissantes entre Washington et ses alliés
Le second mandat de Donald Trump a été marqué par des frictions répétées avec l’OTAN. Outre le dossier iranien, le président américain avait menacé d’annexer le Groenland – territoire autonome du Danemark – avant de faire machine arrière en janvier. Par ailleurs, le Pentagone a déjà averti les alliés qu’il réduirait le nombre de ses moyens déployés dans le cadre des opérations de l’OTAN, privilégiant un recentrage vers la région Indo-Pacifique.
Cette décision nourrit l’inquiétude des pays européens, qui craignent d’être exposés face à la Russie alors qu’ils dépendent encore de Washington pour certains équipements clés.
Une relation contrastée avec Rutte
Donald Trump a tout de même adressé des compliments à Mark Rutte, le qualifiant de « type formidable, grand leader, grand secrétaire général ». Il a même laissé entendre qu’avec une autre personne à la tête de l’OTAN, la rencontre n’aurait pas eu lieu.
Cette visite intervient alors que l’administration américaine insiste pour que les alliés européens assument une part plus importante de leur propre défense conventionnelle. Le débat sur la répartition des charges devrait dominer les discussions du sommet d’Ankara.