Uber poursuit sa stratégie de déploiement de taxis autonomes en Europe. À l'occasion du salon Computex à Taïwan, l'entreprise de VTC a annoncé un partenariat stratégique avec Autobrains, une société allemande spécialisée dans la conduite autonome. La ville de Munich a été choisie comme premier marché pour ce service, qui reste soumis aux feux verts réglementaires.

La technologie développée par Autobrains repose sur une architecture dite « Agentic AI ». Au lieu d'un modèle unique gérant l'ensemble de la conduite, le système décompose les tâches en agents spécialisés : un agent peut être dédié aux changements de voie, un autre à la gestion des intersections, etc. Autour de chaque objet détecté, un « champ de perception » est créé afin d'optimiser la stratégie de conduite en temps réel. « Ces agents évaluent en permanence le contexte, raisonnent sur de multiples actions possibles et sélectionnent les réponses en temps réel », détaille Uber.

Un système compatible avec plusieurs constructeurs

Autobrains met en avant une solution « OEM-agnostic », c'est-à-dire indépendante d'un constructeur automobile spécifique. Le système peut être installé sur plusieurs modèles de véhicules et fonctionne notamment avec la plateforme Nvidia Drive Hyperion, qui intègre une suite de capteurs, des capacités de calcul et des logiciels. La dernière architecture Drive AGX Hyperion 10 comprend deux SoCs AGX Thor (jusqu'à 2000 téraflops FP4), le système d'exploitation DriveOS et trente capteurs (14 caméras, 9 radars et un Lidar). Selon Nvidia, tout véhicule équipé de cette plateforme peut atteindre le niveau 4 d'autonomie. Le système d'Autobrains peut théoriquement fonctionner avec toute combinaison de capteurs, y compris sans Lidar, un composant coûteux.

Pourquoi Munich ?

Uber justifie le choix de Munich par « son réseau routier dense et rapide » et un « cadre réglementaire allemand bien pensé ». Depuis 2021, l'Allemagne autorise les véhicules autonomes de niveau 4 homologués à circuler sur la voie publique dans des zones prédéfinies. La société n'en est pas à son premier projet dans le pays : elle prévoit également de tester cette année des véhicules équipés du système MSD du chinois Momenta à Munich. Avec Autobrains, aucune échéance précise n'a encore été communiquée.

Un contexte concurrentiel

Uber n'est pas seul à convoiter le marché allemand du taxi autonome. Son concurrent nord-américain Lyft s'est associé à Baidu pour déployer des véhicules autonomes en Europe, avec des premières expérimentations en Allemagne et au Royaume-Uni dès 2026. La course à l'autonomie s'accélère sur le Vieux Continent, où le cadre législatif commence à s'assouplir, notamment en Allemagne.