Cyrille Bourgeois, un informaticien de 47 ans originaire de Nice, a été condamné à une peine d'un an d'emprisonnement ferme pour avoir créé et géré le site CFake, spécialisé dans la diffusion de deepfakes pornographiques de femmes célèbres. Le jugement a été rendu ce mardi, après qu'il a été reconnu coupable d'administration d'une plateforme illicite et de diffusion de contenus pornographiques générés par intelligence artificielle.
Le site CFake était présenté comme le plus important dédié à ce type de montages, ciblant des personnalités féminines dont les visages étaient superposés à des corps dans des vidéos à caractère sexuel, sans leur consentement. L'enquête a permis d'établir que Bourgeois était l'administrateur principal de la plateforme, qui fonctionnait depuis plusieurs années.
Lors de l'audience, le prévenu a déclaré : « J'étais pris dans mon monde », reconnaissant avoir minimisé la portée de ses actes. Les juges ont toutefois considéré la gravité des faits, soulignant le préjudice causé aux victimes et l'ampleur de la diffusion.
Cette condamnation intervient dans un contexte de lutte accrue contre les deepfakes à caractère sexuel, une pratique en forte expansion qui exploite l'intelligence artificielle pour créer des images et vidéos trompeuses. Les autorités judiciaires multiplient les poursuites contre les opérateurs de ces sites, souvent basés à l'étranger, mais cette affaire illustre la capacité à agir contre des administrateurs résidant en France.
L'avocat de la défense a indiqué que son client regrettait ses actes et qu'il n'avait pas mesuré les conséquences. De son côté, le parquet avait requis une peine plus lourde, mais la décision finale correspond à une sanction ferme, sans sursis. Bourgeois devra également verser des dommages et intérêts aux victimes, dont le nombre exact n'a pas été communiqué.
Cette affaire met en lumière les défis juridiques posés par les nouvelles technologies, alors que les deepfakes deviennent de plus en plus réalistes et accessibles. Les associations de défense des droits des femmes saluent cette condamnation, qu'elles considèrent comme un signal fort adressé aux créateurs de tels contenus.