Un agent de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) a tué par balle un homme d'origine mexicaine mardi 7 juillet à Houston, au Texas, dans des circonstances qui suscitent de vives interrogations. La victime, identifiée comme Lorenzo Salgado Araujo, est décédée après avoir été blessée à l'abdomen lors d'une opération d'interpellation menée tôt le matin.

Selon le récit officiel fourni par le directeur par intérim de l'ICE, David Venturella, les agents tentaient d'arrêter le conducteur vers 6 h 50 lorsque celui-ci aurait « transformé son véhicule en arme » en cherchant à renverser un agent. L'agent a alors ouvert le feu. Le Département de la Sécurité intérieure (DHS), dont dépend l'ICE, a affirmé que M. Salgado Araujo avait ignoré les injonctions, percuté un véhicule de l'agence et refusé d'obtempérer aux ordres verbaux. Aucune preuve immédiate n'a toutefois été fournie pour étayer cette version des faits.

La famille et les proches contestent la version officielle

Ronaldo Salgado, le fils de la victime, a déclaré que son père cherchait à embaucher des ouvriers dans le quartier lorsqu'il a été pris pour cible. Il a décrit Lorenzo Salgado Araujo comme « un homme travailleur qui essayait d'obtenir son permis de travail en bonne et due forme pour subvenir aux besoins de sa famille ». La famille prévoit d'organiser une conférence de presse mercredi matin pour donner davantage de détails.

Des images de vidéosurveillance provenant d'un commerce voisin, examinées par l'agence Reuters, montrent la scène après la fusillade : un homme allongé au sol à côté d'une camionnette blanche, entouré d'agents. Elles ne permettent pas d'établir le déroulement exact des faits.

Enquêtes en cours et demandes de transparence

Le bureau de l'inspecteur général du DHS mène l'enquête sur la fusillade impliquant un agent. Parallèlement, le bureau de Houston du FBI enquête sur une présumée agression contre un agent fédéral. Plusieurs élus et organisations ont appelé à une enquête indépendante et transparente. La représentante démocrate Sylvia Garcia a demandé que « toutes les images, communications et autres éléments de preuve soient conservés et examinés dans le cadre d'une enquête complète et impartiale ». Juan Proano, directeur général de la Ligue des citoyens latino-américains unis (LULAC), a jugé la version gouvernementale « un modèle préétabli » et exigé que toutes les vidéos soient rendues publiques.

Un contexte de tensions croissantes

Cette fusillade s'inscrit dans une série d'incidents impliquant des agents fédéraux et des automobilistes dans le cadre de la politique régressive de l'administration Trump en matière d'immigration. Selon des données compilées par la presse, une vingtaine de personnes ont été atteintes par balles dans leur véhicule, certaines mortellement. Dans plusieurs cas, les autorités ont justifié l'usage de la force en affirmant que les véhicules avaient été « utilisés comme armes », des affirmations parfois contredites par des preuves vidéo ultérieures.

Réactions et rassemblements

Mardi soir, une trentaine de personnes se sont rassemblées près des lieux du drame pour protester contre la fusillade, scandant « Ni peur, ni haine, pas d'ICE dans notre État ». Janie Torres, une résidente de 59 ans, a exprimé la crainte qui gagne la communauté immigrée : « Cela pourrait arriver à n'importe qui, à n'importe lequel d'entre nous. C'est la vérité. » Une veillée à la mémoire de Lorenzo Salgado Araujo est prévue mercredi soir.