La rupture entre Graham Platner et sa propre formation politique s’est encore aggravée. La directrice exécutive du Parti démocrate du Maine, Devon Murphy-Anderson, a annoncé, mardi 7 juillet au soir, que l’équipe du candidat à l’élection sénatoriale n’aurait « aucun rôle » dans le choix de son éventuel remplaçant. Dans une courte vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, elle a affirmé que les collaborateurs de Platner avaient, à plusieurs reprises, tenté de « mettre leur poids dans la balance » pour influencer la procédure interne.

Cette déclaration constitue un nouvel épisode dans la crise qui secoue la campagne démocrate dans le Maine. Platner, qui devait affronter la sénatrice républicaine sortante Susan Collins lors d’un scrutin jugé crucial pour la majorité au Sénat, est sous pression depuis qu’une de ses anciennes compagnes l’a accusé publiquement de viol. Malgré les appels au retrait émanant de nombreuses figures du parti, y compris du sénateur indépendant Bernie Sanders, Platner n’a pas officiellement jeté l’éponge. Lundi, il avait indiqué qu’il allait « réfléchir à la meilleure voie à suivre », tout en laissant entendre à son équipe, lors d’un entretien privé, qu’il souhaitait utiliser sa position de candidat désigné pour peser sur le nom de son successeur.

Un ultimatum financier

La direction du parti, en désaccord avec cette stratégie, a donc coupé court à toute tentative d’ingérence. Murphy-Anderson a précisé que son équipe avait « à plusieurs reprises répété aux collaborateurs de Graham Platner qu’ils n’avaient aucun rôle à jouer dans la détermination de notre candidat au Sénat, ni dans la définition du cadre de ce processus ». Le parti lui-même s’est joint aux voix appelant Platner à se retirer dès le lendemain de l’accusation.

Pour l’heure, Platner reste le candidat officiel, mais il est confronté à une date butoir : le 13 juillet, il doit se désister pour permettre au parti de lui substituer un autre nom sur le bulletin de vote. Les dirigeants démocrates nationaux ont menacé de couper les financements de la campagne dans le Maine si Platner maintenait sa candidature, ce qui reviendrait à offrir pratiquement la circonscription aux républicains.

Cette affaire a également révélé des tensions internes au sein du Parti démocrate local, certains responsables s’interrogeant sur la manière de gérer la transition. La déclaration de Murphy-Anderson vise à clarifier que le parti entend garder la main sur le processus de sélection, sans que le candidat sortant puisse imposer son successeur. Les prochains jours devraient permettre de savoir si Platner cède aux pressions ou s’il choisit de rester en lice, au risque d’une crise politique plus large.