La cour criminelle des Hautes-Alpes a rendu son verdict ce vendredi 26 juin 2026 dans l'affaire qui secouait le monde éducatif du département. Un ancien enseignant, qui exerçait dans un collège de la région, a été condamné à dix ans de réclusion criminelle pour des viols et des agressions sexuelles commis sur dix jeunes filles, toutes ses élèves à l'époque des faits.
Le procès, ouvert le 23 juin, avait mis en lumière des années de prédation au sein de l'établissement scolaire. L'homme, aujourd'hui âgé d'une cinquantaine d'années, comparaissait libre sous contrôle judiciaire avant le prononcé du jugement. Les faits, qui se sont déroulés entre 2015 et 2020, ont été découverts après le témoignage d'une première victime, puis d'autres collégiennes ont osé parler, brisant le silence.
Des faits d'une gravité exceptionnelle
Lors des débats, la personnalité de l'accusé a été longuement disséquée. Les expertises psychologiques ont décrit un homme au comportement manipulateur, utilisant sa position d'autorité pour approcher ses victimes. Les jeunes filles, âgées de 12 à 15 ans au moment des faits, ont raconté à la barre des scènes d'une violence inouïe, marquées par l'emprise et la peur. Le parquet avait requis une peine de quatorze ans de réclusion, mais la cour a finalement prononcé une sentence de dix ans.
L'avocat de la défense a annoncé son intention de faire appel de cette décision. Il a estimé que la peine était disproportionnée au regard de l'âge de son client et de son absence d'antécédents judiciaires. De leur côté, les parties civiles ont salué un verdict qui reconnaît la souffrance des jeunes filles, mais regrettent que la peine ne soit pas plus lourde.
Une affaire qui interroge la protection des élèves
Ce dossier relance le débat sur la vigilance au sein des établissements scolaires. Plusieurs associations de protection de l'enfance ont rappelé la nécessité de former les personnels éducatifs à repérer les signes d'emprise et à libérer la parole des victimes. Le collège concerné, qui n'avait pas signalé les premiers comportements suspects de l'enseignant, a été pointé du doigt pour son absence de réaction.
L'ancien professeur, qui a passé l'essentiel de sa carrière dans le même établissement, a toujours nié une partie des faits, reconnaissant seulement des relations consenties avec certaines des jeunes filles. Mais les expertises et les témoignages concordants ont convaincu les juges de sa culpabilité pour l'ensemble des charges retenues.
Une inscription automatique au fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles (FIJAIS) a été ordonnée par la cour. L'homme devra également se soumettre à un suivi socio-judiciaire après sa libération, avec obligation de soins. Interdit d'exercer toute activité en contact avec des mineurs, il devra aussi indemniser les victimes, dont le préjudice moral a été chiffré à plusieurs dizaines de milliers d'euros.
La décision de la cour criminelle met provisoirement un terme à une procédure qui aura duré près de trois ans, depuis les premières plaintes déposées en 2023. L'appel pourrait rouvrir le dossier devant une cour d'assises, mais en attendant, c'est un soulagement pour les familles des dix collégiennes, qui ont enfin vu leur parole reconnue par la justice.