Les autorités omanaises et iraniennes ont officialisé un accord portant sur la réalisation conjointe d'une étude d'évaluation des coûts de gestion du détroit d'Ormuz. Cette annonce intervient alors que la voie maritime, par laquelle transite une part significative du brut mondial, fait l'objet de tensions récurrentes entre plusieurs acteurs régionaux et internationaux.

L'initiative conjointe, dont les contours précis n'ont pas été détaillés, vise à examiner les charges administratives, sécuritaires et opérationnelles liées au contrôle de ce corridor stratégique. Aucun calendrier ni montant n'ont été communiqués à ce stade par les deux capitales.

Cette annonce survient dans un climat de crispation autour du statut du détroit. Récemment, des responsables iraniens ont réaffirmé que Téhéran entendait administrer seul cette voie d'eau. Le négociateur iranien Ghalibaf a notamment déclaré que le passage serait géré par l'Iran, une position que Mascate n'a pas officiellement commentée.

Des précédents de tensions

Le détroit d'Ormuz a été le théâtre de plusieurs crises ces dernières semaines. L'ancien président américain Donald Trump avait accusé l'Iran de « violation stupide » du cessez-le-feu après l'attaque d'un navire dans la zone. Il avait également proposé l'instauration d'un « péage » américain, une idée aussitôt écartée par la France et le Royaume-Uni.

De son côté, Téhéran avait menacé de fermer le détroit en représailles à un blocus américain, avant qu'un accord américano-iranien n'ouvre la voie à une reprise progressive du trafic. Un navire gazier français avait été le premier à franchir le passage après cet accord.

Un enjeu économique et géopolitique

Le détroit d'Ormuz constitue un goulet d'étranglement pour environ un cinquième du pétrole consommé dans le monde. Sa sécurisation et sa gestion impliquent des coûts importants, que les pays riverains et les puissances utilisatrices cherchent à répartir.

L'étude conjointe entre Oman et l'Iran pourrait servir de base à de futures négociations sur un partage des frais, voire sur un mécanisme de tarification du passage. Les Émirats arabes unis et d'autres États du Golfe, qui utilisent massivement cette route, n'ont pas réagi publiquement à cette annonce.

Aucune information n'a filtré sur la méthode ni les critères retenus pour cette analyse. Les deux pays se sont engagés à en rendre compte à l'issue des travaux, dont la durée reste inconnue.