Un vote controversé au sein de la Commission nationale de planification
Jeudi 9 juillet 2026, la Commission nationale de planification de la capitale (NCPC) a donné son aval préliminaire aux plans d'implantation et de construction de l'arc de triomphe proposé par le président Donald Trump. Le vote s'est soldé par huit voix pour et une contre. Le projet prévoit un monument de 250 pieds (environ 76 mètres) de hauteur, soit plus du double de la limite fixée par la loi de 1910 sur la hauteur des bâtiments (Height of Buildings Act), qui plafonne les constructions à 110 pieds (environ 33 mètres) dans la capitale fédérale.
Le seul vote défavorable a été celui d'Evan Cash, représentant du président du Conseil du district de Columbia. « Je ne suis pas disposé à apporter mon suffrage à des plans qui pourraient avoir pour effet de bouleverser des décennies de pratique de la NCPC et le cadre centenaire des hauteurs, le tout sans autorisation du Congrès ni processus d'approbation des monuments commémoratifs, pour un projet qui, pour autant que je sache, n'a qu'un seul véritable défenseur », a-t-il déclaré.
Une interprétation contestée de la loi de 1910
Le ministère de l'Intérieur a soumis à la commission un argumentaire juridique inédit. Dans une note officielle, il affirme que la loi de 1910 « ne mentionne pas les bâtiments fédéraux » et que « le Congrès n'avait pas l'intention » de l'appliquer aux projets du gouvernement fédéral. Cette position rompt avec l'interprétation constante que la NCPC maintenait depuis près de 90 ans, selon laquelle la loi s'appliquait à toutes les constructions, y compris fédérales.
Si la commission adopte définitivement cette nouvelle lecture, elle permettrait à l'arc de triomphe de contourner la limitation de hauteur qui s'impose à tous les autres bâtiments de Washington. Les experts estiment qu'une telle décision modifierait en profondeur le paysage urbain de la capitale et pourrait créer un précédent pour d'autres projets fédéraux.
Un projet qui s'inscrit dans une vaste campagne de constructions
L'arc de triomphe n'est qu'un élément du programme de construction présidentiel, dont le coût total dépasse le milliard de dollars. L'administration Trump multiplie les initiatives pour accélérer la réalisation de ces ouvrages, suscitant déjà plusieurs recours en justice. Le changement d'interprétation de la loi de 1910 pourrait donner lieu à une nouvelle bataille judiciaire, les opposants au projet arguant que seule une modification législative par le Congrès pourrait autoriser une telle dérogation.
Réactions et perspectives
La décision de la NCPC n'est que préliminaire. Les plans devront encore franchir d'autres étapes d'approbation avant que les travaux puissent débuter. Cependant, le vote de jeudi marque une étape clé en validant le principe d'une hauteur excédant largement les limites traditionnelles. Les détracteurs du projet dénoncent une atteinte à l'harmonie architecturale de Washington, où la silhouette des monuments et des bâtiments publics reste basse depuis plus d'un siècle. Les partisans y voient un symbole de la puissance américaine.
La question centrale reste ouverte : la loi de 1910 s'applique-t-elle aux projets fédéraux ? La commission devra trancher dans les mois à venir, et sa réponse pourrait redessiner le visage de la capitale américaine.