Un vol peu banal qui interroge sur la gestion des données par les robotaxis
En janvier 2026, un cambrioleur a utilisé un taxi autonome de la société Waymo pour se rendre sur les lieux de son larcin à San Francisco, puis pour prendre la fuite. Selon les informations révélées début juin par la presse locale, les forces de l'ordre n'ont toujours pas identifié l'auteur des faits, malgré les images enregistrées par le véhicule.
L'incident s'est déroulé devant le studio Hot 8 Yoga. Les caméras de surveillance de l'établissement montrent le suspect sortir de la voiture, pénétrer dans le commerce, s'emparer de vêtements, puis remonter à bord du même robotaxi pour disparaître. La police a obtenu un mandat de perquisition en avril afin d'accéder aux enregistrements du véhicule et aux informations du compte utilisateur.
Des images volontairement floutées
Contrairement à l'idée répandue selon laquelle les robotaxis seraient des « machines de surveillance roulantes », cette affaire révèle des limites importantes. Waymo capture bien les images de l'intérieur et de l'extérieur de ses véhicules durant les trajets, mais la durée de conservation de ces données n'est pas publique. Au moment où le mandat a été exécuté, les enregistrements n'étaient plus disponibles. De plus, les séquences filmées par les caméras extérieures avaient été floutées afin de protéger la vie privée des passants, ce qui a empêché toute identification visuelle.
Un compte utilisateur sans piste probante
Les informations liées au compte Waymo ayant commandé la course ont également été communiquées à la police dans le cadre de l'enquête. Cependant, ces données n'ont pas permis de remonter jusqu'au suspect, selon les éléments transmis par l'entreprise et rapportés par les médias locaux. Aucune arrestation n'a eu lieu à ce jour.
Questions sur l'équilibre entre vie privée et sécurité
Cet épisode relance le débat sur la manière dont les entreprises de mobilité autonome traitent les données qu'elles collectent. D'un côté, les mesures de floutage et l'effacement programmé des enregistrements sont présentés comme des garanties pour la protection des personnes. De l'autre, ces mêmes mesures peuvent entraver les enquêtes judiciaires, même lorsque les forces de l'ordre agissent dans le cadre légal.
Aucune déclaration officielle de Waymo n'a été rendue publique à ce stade concernant cette affaire spécifique. La police de San Francisco n'a pas commenté l'avancement des recherches.