Les forces armées nigérianes ont annoncé la mort en captivité du major-général Rabe Abubakar, un haut gradé à la retraite qui avait occupé le poste de porte-parole de l'armée entre 2015 et 2017. L'officier supérieur avait été enlevé avec son épouse alors qu'ils se rendaient à un mariage dans l'État de Katsina, une région du nord-ouest du Nigeria régulièrement affectée par les violences de groupes criminels.

Selon un communiqué publié par le ministère de la Sécurité intérieure et des Affaires intérieures, le général est décédé des suites de complications liées au diabète et à l'hypertension. Le texte indique que « malgré les efforts inlassables et concertés déployés pour obtenir sa libération en toute sécurité, la situation s'est soldée par cette tragédie ».

Les circonstances exactes de sa mort n'ont pas été précisées. L'armée a indiqué avoir choisi de ne pas commenter publiquement l'enlèvement pendant la durée des opérations de sauvetage. Un porte-parole militaire a déclaré que « des opérations en cours ont depuis été intensifiées pour traduire les auteurs en justice et démanteler tous les réseaux terroristes qui menacent notre nation ».

L'épouse du général, dont l'état et la localisation demeurent inconnus, se trouvait également aux mains des ravisseurs. Aucune information n'a été communiquée sur son sort.

Une vidéo diffusée pendant la captivité

Avant l'annonce du décès, une vidéo mise en ligne sur les réseaux sociaux montrait le major-général Abubakar en captivité. On pouvait y voir l'officier blessé à la jambe gauche, entouré de son épouse et d'autres otages. L'authenticité de cette séquence n'a pas été officiellement confirmée par les autorités, mais elle a largement circulé dans les médias locaux.

Les revendications des ravisseurs

Selon des informations rapportées par la presse nigériane, les ravisseurs auraient exigé la libération de trois combattants détenus par les forces de sécurité, ainsi que la restitution de bétail saisi lors d'opérations militaires, en échange de la libération du couple. Aucun groupe ne s'est formellement attribué la responsabilité de l'enlèvement.

Un contexte d'insécurité chronique

L'État de Katsina, où l'enlèvement a eu lieu, est l'un des épicentres des violences perpétrées par des bandes armées locales, communément désignées sous le terme de « bandits ». Ces groupes criminels pratiquent régulièrement des enlèvements contre rançon, des vols de bétail et des attaques contre les communautés rurales, sans que les forces de l'ordre parviennent à les endiguer efficacement.

Le phénomène n'est pas limité à Katsina : plusieurs États du nord-ouest et du centre du Nigeria sont confrontés à cette insécurité grandissante. Des groupes djihadistes mènent également des opérations dans des zones reculées du pays. Une frappe aérienne américaine a d'ailleurs visé un campement présumé de combattants islamistes dans l'État de Sokoto en décembre de l'année précédente.

Des attaques meurtrières récentes

Le même jour que l'annonce de la mort du général, une attaque distincte a eu lieu dans l'État de Zamfara, également dans le nord-ouest du pays. Des hommes armés ont abattu au moins dix-sept agriculteurs et blessé une dizaine d'autres personnes alors qu'ils travaillaient dans leurs champs, selon un responsable local. L'attaque s'est déroulée dans la localité de Goron Namaye.

En août de l'année précédente, plusieurs dizaines de personnes avaient péri dans l'État de Katsina lorsque des hommes armés avaient pris d'assaut une mosquée au cours d'une attaque contre une communauté musulmane.

Un hommage militaire

Les forces armées nigérianes ont rendu hommage au major-général Abubakar, décrivant sa perte comme « tragique » et présentant leurs condoléances à sa famille et à ses anciens collègues. Un communiqué militaire salue ses « contributions immenses aux opérations de contre-insurrection » et souligne que « son engagement envers le devoir et l'unité du Nigeria reste un exemple éclatant pour tout le personnel ». Selon la presse locale, l'officier était âgé de 61 ans au moment de sa mort.

Des défis sécuritaires persistants

Cet enlèvement et sa funeste issue mettent en lumière les défis de sécurité auxquels le Nigeria est confronté, alors que les groupes criminels et extrémistes continuent de sévir dans plusieurs régions. Les autorités nigérianes peinent à endiguer les activités des bandes armées, qui utilisent les enlèvements, les extorsions et les vols de bétail comme sources de financement.