Un juge fédéral a refusé, vendredi 12 juin, de faire droit à une demande de dernière minute visant à empêcher la tenue de combats d'arts martiaux mixtes (MMA) organisés par l'Ultimate Fighting Championship (UFC) sur la pelouse sud de la Maison-Blanche, à l'occasion de l'anniversaire du président Donald Trump. L'événement est prévu dimanche.
Dans son ordonnance, le juge Amit P. Mehta, de la cour fédérale de Washington, a estimé que les deux requérants — une organisatrice politique et un ancien militaire de l'armée de l'air originaire de Virginie — n'avaient pas établi qu'ils subiraient un préjudice suffisamment grave et irréversible pour justifier une intervention judiciaire à ce stade.
Des arguments jugés insuffisants
Susan Douglas et Paul Romano soutenaient que l'utilisation de la Maison-Blanche et du Lincoln Memorial comme décor pour des combats commerciaux offrirait un avantage financier indu à l'entreprise privée à l'origine de l'événement. Ils décrivaient, dans leurs écrits, l'opération comme un « marché corrompu » destiné à offrir à Dana White, le président de l'UFC et proche allié de Donald Trump, une plateforme nationale pour promouvoir sa marque depuis le cœur du pouvoir américain.
Le magistrat a toutefois relevé que les plaignants n'avaient pas précisé en quoi leurs intérêts l'emportaient sur ceux de l'ensemble des acteurs impliqués dans la réalisation du projet. Il a notamment souligné l'ampleur des préparatifs : près d'un an de planification, une coordination avec de multiples agences fédérales dont les services secrets, le début des travaux sur site le 20 mai mobilisant entre 700 et 900 ouvriers, de multiples livraisons d'équipement, la logistique de billetterie et la préparation des combattants sous contrat avec l'UFC.
Un coût de 60 millions de dollars
Le juge a également mis en avant le montant financier engagé. « Il y a aussi les 60 millions de dollars que l'UFC et les organisations affiliées ont dépensés pour organiser l'événement », a-t-il écrit. « La perte potentielle de ces sommes, résultant d'un arrêt ordonné par un tribunal à la dernière minute, ne peut être ignorée. »
De son côté, le ministère de la Justice, qui défend l'administration, a qualifié la plainte de tardive, déposée seulement une semaine avant la date prévue. Dans un mémoire, les avocats du gouvernement ont fait valoir que les travaux sur l'arène avaient coûté « bien plus de 60 millions de dollars » et nécessité « des dizaines de milliers d'heures de travail », et que des invités venus de loin avaient réservé leur déplacement pour assister à l'événement. « Tous ces espoirs pourraient être anéantis au tout dernier moment, cependant, par le caprice de deux personnes qui estiment avoir un goût supérieur et veulent gâcher l'événement pour tout le monde », ont-ils plaidé.
Un précédent invoqué par l'exécutif
Le ministère a également soutenu que des présidents précédents avaient déjà installé des structures temporaires sur la pelouse sud pour des manifestations sportives de moindre envergure. Il a cité le match annuel de tee-ball de la Little League organisé sous l'administration de George W. Bush, ainsi que la patinoire installée sous la présidence de Joe Biden, dont la réalisation avait été soutenue par la Ligue nationale de hockey (NHL) et le groupe Comcast.
Des installations spectaculaires
Sur place, une structure métallique d'éclairage de 28 mètres de haut (92 pieds), surnommée « la griffe » par la Maison-Blanche, a été érigée au-dessus de la résidence exécutive, côté pelouse sud. Cette construction a été filmée par Donald Trump dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux en juin, où il la comparait à la tour Eiffel et évoquait la possibilité qu'elle demeure en place de façon permanente après l'événement.
Liens personnels et financiers
Le président Trump entretient depuis des décennies une relation de longue date avec Dana White et son entreprise. Selon ses déclarations financières, il détient également des actions dans TKO Holdings, la société mère de l'UFC. Il a régulièrement assisté à des combats pendant ses campagnes électorales. Les premiers projets d'organisation d'un combat sur le terrain de la Maison-Blanche avaient été évoqués dès l'année dernière.
Un programme pour le 250e anniversaire de l'indépendance
L'administration présente ce combat comme une composante des célébrations du 250e anniversaire de l'indépendance américaine, qui comprennent également des feux d'artifice, une foire d'État et une course de voitures Indy sur le National Mall.
Un dernier obstacle météorologique possible
L'événement pourrait néanmoins se heurter à un ultime empêchement : la menace d'orages est annoncée dimanche dans la région de Washington.