Les autorités japonaises mènent depuis mercredi soir une traque inédite dans la région de Fukushima, où un ours décrit comme « extrêmement intelligent » par le maire de la ville, Yuki Baba, a blessé quatre personnes avant de prendre la fuite. Selon les informations communiquées par l’édile, l’animal serait parvenu à déverrouiller seul une fenêtre pour s’extraire du bâtiment où il s’était replié après ses attaques. Des marques de griffes auraient été relevées à proximité de l’issue, accréditant cette hypothèse.

L’ours aurait également ouvert un robinet pour boire avant de s’évaporer dans la nature, a encore précisé le maire. « Avec la coopération des chasseurs, de la police et des pompiers, je pense que nous avons pris toutes les mesures possibles » pour le capturer, a-t-il assuré aux journalistes. Les équipes déployées utilisent notamment des pièges et des pistolets anesthésiants, mais l’animal demeure introuvable à ce stade.

Des attaques survenues dans deux usines

Les faits remontent à la soirée du mercredi 3 juin. L’ours a d’abord fait irruption dans une usine de la ville, blessant plusieurs employés. Il a ensuite pénétré dans un second site industriel avant d’être localisé par les forces de l’ordre. L’animal avait alors été contraint de se réfugier à l’intérieur d’un bâtiment, où il semblait piégé. C’est dans ces circonstances qu’il serait parvenu à manipuler la fenêtre pour s’échapper.

Un nombre record d’attaques au Japon

Cette affaire s’inscrit dans un contexte de multiplication des intrusions et des attaques d’ours sur l’archipel. Au cours du dernier exercice fiscal qui s’est achevé en mars, le Japon a enregistré plus de 50 000 signalements d’observations d’ours, soit plus du double du précédent record datant de deux ans plus tôt. L’année dernière, treize personnes ont été tuées par des plantigrades, un bilan jamais atteint depuis le début des statistiques.

Les autorités et les experts attribuent cette recrudescence à une combinaison de facteurs : l’abondance de nourriture (glands, cerfs, sangliers) et le changement climatique, qui perturbent les cycles d’hibernation et poussent les animaux à sortir affamés plus tôt dans l’année. Les ours entrent régulièrement dans les habitations, rôdent autour des écoles et saccagent des commerces.

Le sort de l’ours de Fukushima reste incertain, mais les opérations de recherche se poursuivent sans relâche, tandis que la population est appelée à la vigilance.