Un ours dont le comportement est jugé particulièrement rusé est activement recherché dans la région de Fukushima, au nord-est du Japon, après avoir blessé quatre personnes ces derniers jours. Les autorités locales ont qualifié l’animal d’« extrêmement intelligent », en raison de sa capacité à contourner les pièges et à se déplacer avec une discrétion inhabituelle.
L’incident le plus récent s’est produit dans l’enceinte de l’aciérie de Fukushima, où l’ours a attaqué un employé mardi 2 juin. Les images de vidéosurveillance montrent le plantigrade courant à travers les installations après avoir blessé sa victime. Cette attaque porte à quatre le nombre de personnes blessées par le même ours, sans que les autorités aient pu jusqu’à présent le capturer ou l’abattre.
Une explosion démographique des ours
Cette traque s’inscrit dans un contexte de forte hausse de la population d’ours au Japon. Selon les statistiques officielles, plus de 50 000 ours ont été observés au cours des douze derniers mois sur l’ensemble du territoire, soit plus du double du précédent record établi deux ans auparavant. Cette prolifération s’explique par une combinaison de facteurs : la diminution des ressources alimentaires en montagne en raison du changement climatique, le vieillissement des populations rurales qui réduit les activités humaines en forêt, et une régulation insuffisante des populations animales.
Un comportement hors norme
Ce qui rend cet ours particulièrement redoutable, selon les responsables de la faune, c’est son intelligence hors du commun. L’animal parvient à éviter les pièges installés par les gardes-chasse, change fréquemment de zone de déplacement et semble capable de reconnaître les véhicules des équipes de capture. Cette capacité d’adaptation complique considérablement les opérations de neutralisation, qui mobilisent des chasseurs agréés et des agents de la préfecture.
Les autorités ont multiplié les patrouilles et installé des caméras supplémentaires dans les secteurs boisés autour de la ville de Fukushima. Des pièges-cages ont été disposés, mais l’ours les a jusqu’ici déjoués. La population locale a été invitée à ne pas sortir après la tombée de la nuit et à signaler toute observation.
Un phénomène national
Le Japon connaît depuis plusieurs années une augmentation des rencontres entre humains et ours. En 2025, des centaines d’incidents ont été recensés, dont plusieurs mortels. La hausse des températures perturbe la production de glands et de baies, poussant les ours à descendre plus bas dans les vallées pour se nourrir. Dans la région de Fukushima, la dépopulation des campagnes aggrave le phénomène : les villages abandonnés ou peu habités offrent des refuges faciles aux plantigrades.
Les autorités régionales ont annoncé un renforcement des mesures de prévention : élagage des zones de végétation dense autour des habitations, installation de clôtures électriques et sensibilisation des résidents. Des primes ont également été proposées aux chasseurs pour abattre les ours jugés dangereux, mais la capture de cet individu particulièrement méfiant reste un défi.
La recherche se poursuit
Pour l’heure, aucun blessé supplémentaire n’a été signalé depuis l’attaque de l’aciérie, mais les patrouilles restent actives. Les autorités espèrent que la combinaison de pièges et de battues permettra de mettre fin à cette menace avant que d’autres incidents ne surviennent. La préfecture de Fukushima, déjà marquée par la catastrophe nucléaire de 2011, redoute un impact psychologique supplémentaire sur une population déjà éprouvée.
L’affaire a suscité un vif intérêt dans le pays, certains médias locaux surnommant l’animal « l’ours Ninja » en raison de sa discrétion. Mais du côté des autorités, on insiste sur la nécessité de traiter ce cas avec sérieux, compte tenu du nombre de victimes et de la difficulté à capturer un ours qui semble toujours avoir un coup d’avance.