Un tanker a été victime d'une attaque dans la nuit du 6 au 7 juillet alors qu'il naviguait dans les eaux proches du détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique reliant le golfe Persique au golfe d'Oman. L'agence maritime britannique UKMTO a rapporté que le navire avait signalé avoir été heurté par un projectile non identifié sur son côté bâbord, provoquant un incendie à bord. L'incident, qui n'a fait aucune victime ni causé de pollution, s'est produit à environ 8 milles nautiques à l'est de Limah, sur la côte omanaise.

Un second navire endommagé

L'attaque n'aurait pas visé un seul bâtiment. Des responsables américains, cités par des sources proches du dossier, ont indiqué que l'Iran avait tiré au moins deux missiles en direction de navires commerciaux. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché et présente des dommages significatifs. L'Iran n'a pas officiellement revendiqué ces tirs, mais la télévision d'État iranienne a affirmé qu'un méthanier avait été attaqué dans la même zone après avoir ignoré des avertissements. Ces informations n'ont pu être vérifiées de manière indépendante.

Contexte de tensions accrues

Cet événement survient alors que l'Iran est en plein deuil après la mort de son guide suprême, Ali Khamenei, tué le 28 juin lors d'une frappe attribuée à une coalition israélo-américaine sur Téhéran. Les funérailles du dirigeant ont eu lieu ces derniers jours, attisant les sentiments nationalistes et la méfiance envers les puissances occidentales.

Depuis le 1er mars, le détroit d'Ormuz a été le théâtre de perturbations majeures. Téhéran avait fermé ce passage vital en représailles à des frappes américaines et israéliennes, tandis que Washington imposait un blocus des ports iraniens. Un accord signé le 17 juin entre les deux pays avait permis une reprise partielle du trafic maritime, mais les termes de cette entente demeurent fragiles.

L'avenir incertain du détroit

Malgré le protocole d'accord, les autorités iraniennes répètent qu'il n'y aura pas de retour à la situation d'avant-guerre, où le transit par le détroit était libre et gratuit. Téhéran continue de menacer les navires qui tenteraient d'emprunter des routes non autorisées, n'acceptant qu'un seul itinéraire, longeant ses propres côtes. Cette nouvelle attaque, même non revendiquée, illustre la volatilité persistante de la région et les risques encourus par le transport maritime international.

Les acteurs du commerce mondial, déjà éprouvés par les tensions des derniers mois, observent avec inquiétude cette recrudescence des hostilités. Le détroit d'Ormuz voit transiter une part considérable du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux, et toute perturbation a des répercussions directes sur les marchés énergétiques.