L'Organisation maritime internationale (OMI) a activé mardi un dispositif destiné à évacuer les centaines de cargos et les milliers de marins bloqués dans le golfe Persique à la suite du conflit ayant opposé les États-Unis et Israël à l'Iran. L'opération, qui doit s'effectuer par le détroit d'Ormuz, associe les autorités iraniennes, omanaises et américaines, ainsi que d'autres États riverains, a précisé l'agence onusienne.

Arsenio Dominguez, secrétaire général de l'OMI, a indiqué dans un communiqué que « les garanties de sécurité nécessaires ont été obtenues et que les conditions de navigation ont été rigoureusement vérifiées pour soutenir ces opérations ». Selon l'organisation, jusqu'à 600 navires demeurent immobilisés dans la zone, leurs équipages étant restés à bord depuis plus de trois mois.

Des routes sous protection

Le ministère omanais de la Défense a précisé que les bâtiments évacués devront emprunter un itinéraire longeant le littoral du sultanat. Depuis plusieurs semaines, les forces armées américaines coordonnent déjà le passage des navires sur ces axes, en liaison avec les autorités locales.

L'OMI a recensé 46 attaques contre des navires marchands durant le conflit, ayant entraîné la mort de quatorze marins. Les 11 000 membres d'équipage encore présents dans le golfe ont subi « des mois de difficultés et de détresse », a souligné M. Dominguez. Une porte-parole de l'organisation a indiqué que les contacts avec les navires concernés avaient débuté pour organiser leur départ.

Un enjeu commercial et diplomatique

Avant le déclenchement des hostilités, le détroit d'Ormuz voyait transiter environ un cinquième du pétrole mondial et une part significative du gaz naturel liquéfié, sans aucun péage ni droit de passage. Le secteur maritime réclame un retour aux conditions antérieures.

Dans le mémorandum d'entente signé la semaine dernière entre Téhéran et Washington, l'Iran s'est engagé à ne pas facturer le transit des navires pendant soixante jours. Toutefois, des signaux récents suggèrent que la République islamique pourrait tenter d'instaurer des redevances sur l'utilisation de cette voie stratégique. Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a réaffirmé mardi qu'« aucun pays n'est autorisé à percevoir des péages ou des droits sur une voie navigable internationale ».

L'analyste Michelle Wiese Bockmann, spécialiste du renseignement maritime, a jugé que ce plan d'évacuation serait « très bien accueilli par les navires bloqués qui n'ont pas encore pu sortir en raison des risques pour leur sécurité ».