Le candidat de la gauche colombienne, Ivan Cepeda, a officialisé sa défaite à l'élection présidentielle face à l'homme d'affaires et avocat Abelardo de la Espriella, selon une déclaration rendue publique mercredi. Les résultats définitifs, compilés par les autorités électorales dans les heures suivant la clôture du scrutin dimanche, attribuaient une avance d'un point de pourcentage – soit près de 251 000 voix – au candidat conservateur, un novice en politique jamais candidat auparavant.
Ces chiffres ont d'abord été contestés par le président sortant Gustavo Petro et par Cepeda lui‑même, ce dernier ayant indiqué qu'il attendrait un recomptage avant de se prononcer. Mercredi, le député de gauche a cependant reconnu le verdict des urnes, mettant un terme à l'incertitude qui entourait l'issue du scrutin.
Un verdict contre le bilan de Gustavo Petro
Cette défaite constitue un désaveu cinglant pour l'administration Petro, dont Cepeda promettait de poursuivre les grandes orientations, notamment la tentative largement infructueuse d'ouvrir un dialogue avec de multiples groupes armés. Le résultat du second tour est ainsi perçu comme un rejet de la politique sécuritaire et sociale menée depuis 2022 par le premier président de gauche de l'histoire récente du pays.
Une transition sous tension
Si Ivan Cepeda a reconnu sa défaite, la procédure de passation des pouvoirs doit encore être précisée. Abelardo de la Espriella, qui s'est présenté en pourfendeur de la criminalité et en défenseur des valeurs conservatrices, avait été soutenu publiquement par le président américain Donald Trump durant la campagne. Il devra composer avec un Congrès fragmenté et une partie de l'opinion hostile à son programme sécuritaire.
La reconnaissance de la défaite par le camp progressiste ouvre la voie à une transition officielle, même si des recours en justice avaient été déposés dans les jours précédant cette annonce. L'essentiel des bulletins de vote a été dépouillé et publié dimanche, ne laissant qu'une infime fraction des suffrages à comptabiliser.
Prochaines étapes
Le gouvernement sortant et l'équipe du président élu n'ont pas encore communiqué de calendrier précis pour l'investiture. Toutefois, la concession de Cepeda lève le principal obstacle politique à la reconnaissance du résultat par l'ensemble des institutions. La Colombie s'apprête désormais à basculer à droite, après quatre années de gouvernance progressiste.