Une enquête interne et judiciaire a été ouverte au Royaume-Uni après qu’un policier du Derbyshire a été accusé d’avoir utilisé l’intelligence artificielle pour créer de toutes pièces des preuves dans plusieurs dossiers. Les autorités ont confirmé que l’agent a été retiré de ses fonctions sur le terrain dans l’attente des résultats des investigations.

Selon la police locale, l’officier est soupçonné d’avoir employé des outils d’IA pour fabriquer des éléments de preuve dans « un certain nombre d’affaires ». Le Crown Prosecution Service (CPS), l’autorité de poursuite pénale anglaise, a indiqué travailler en collaboration avec la police du Derbyshire pour faire la lumière sur ces faits. Aucune arrestation n’a été effectuée à ce stade.

Coordination avec les tribunaux et les avocats de la défense

Le CPS a précisé qu’il est « en contact » avec les équipes de défense et les juridictions qui pourraient avoir été impactées par le comportement allégué du fonctionnaire. Cette phase de vérification vise à identifier les procédures potentiellement entachées par des preuves artificielles et à prendre les mesures nécessaires pour préserver l’intégrité des décisions judiciaires.

Contexte : le lancement récent d’une instance nationale dédiée à l’IA policière

Cette affaire intervient quelques jours seulement après le lancement, mercredi dernier, de PoliceAI, un centre national britannique chargé de superviser l’usage de l’intelligence artificielle dans les forces de l’ordre. Lors de la présentation de cette structure, son directeur intérimaire, Alex Murray, avait déclaré : « La criminalité et la technologie évoluent rapidement. La police doit suivre le rythme en adoptant l’IA de manière responsable pour attraper les criminels et protéger les citoyens. »

L’affaire du Derbyshire vient donc jeter une ombre sur la volonté des autorités de promouvoir une IA « responsable » au sein des services de police. Un précédent similaire avait déjà éclaté en début d’année : le chef de la police des West Midlands avait été contraint de présenter des excuses après qu’il a été démontré que ses agents s’étaient appuyés sur des informations erronées générées par l’IA pour interdire l’accès à un match de football à des supporters d’un club israélien.

Réactions et implications

L’enquête en cours soulève des questions sur la fiabilité des preuves numériques et sur la nécessité d’un encadrement strict de l’usage de l’intelligence artificielle dans le cadre judiciaire. Alors que les technologies d’IA se diffusent rapidement dans l’administration de la justice, cette affaire illustre les risques de dérive et d’utilisation frauduleuse de ces outils par des agents censés garantir l’impartialité de la preuve.

Les autorités britanniques n’ont pas communiqué de calendrier pour la conclusion de l’enquête, mais le retrait immédiat de l’officier de ses fonctions opérationnelles indique la gravité des soupçons pesant sur lui. La police du Derbyshire a promis de coopérer pleinement avec le CPS et de rendre publics les résultats de l’investigation.