Les autorités sanitaires américaines sont en alerte après la découverte d’un spécimen de ver charbonneux du Nouveau Monde (New World screwworm) dans une zone du sud du Texas. Le département américain de l’Agriculture (USDA) a indiqué que des échantillons ont été envoyés au Laboratoire national des services vétérinaires (NVSL) à Ames, dans l’Iowa, pour des tests de confirmation. « Nous avons déjà déployé du personnel sur le terrain et travaillons avec des partenaires locaux », a précisé l’agence dans un message publié sur les réseaux sociaux.
Si la présence de cette mouche nécrophage est confirmée, ce serait la première fois que l’insecte franchit la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Depuis plusieurs années, les larves de cette espèce – qui se nourrissent de chair vivante – progressent vers le nord à travers l’Amérique centrale, ravageant les élevages. L’USDA avait déjà mis en place des barrières de surveillance, mais ce cas suggère que l’infestation a peut-être déjà atteint le sol américain.
Une menace pour le cheptel bovin
L’annonce survient alors que le cheptel bovin américain connaît son niveau le plus bas depuis 75 ans, en raison de la sécheresse et de la réduction des troupeaux. La perspective d’une infestation de la lucilie bouchère – dont les asticots peuvent tuer un animal en quelques jours – aggrave l’inquiétude des éleveurs. Déjà, des rumeurs de détection circulaient depuis le début de la semaine dans le secteur, provoquant une nervosité palpable au sein de la filière.
L’USDA a réactivé des protocoles d’urgence, avec des équipes sur place pour tenter de circonscrire le foyer. L’agence promet de publier les résultats des analyses dès qu’ils seront connus. En attendant, les autorités locales et les éleveurs sont invités à signaler tout symptôme inhabituel chez leurs animaux.
La lucilie bouchère (Cochliomyia hominivorax) avait été éradiquée des États-Unis dans les années 1960 grâce à une vaste campagne de stérilisation des mâles. Sa réapparition – même sous forme d’un cas isolé – représenterait un revers pour la biosécurité nord-américaine et pourrait entraîner des mesures de quarantaine coûteuses pour les exportations de bétail.