Un régulateur britannique se saisit de l'affaire
L'Independent Football Regulator (IFR), l'autorité indépendante de régulation du football en Angleterre, a annoncé être « en contact » avec West Ham et a indiqué qu'il utiliserait ses pouvoirs légaux pour obtenir des « informations urgentes » de la part de David Sullivan. Ce dernier, copropriétaire et ancien coprésident du club londonien, fait l'objet d'accusations de prédation sexuelle remontant à plusieurs décennies.
L'IFR a qualifié ces allégations d'« extrêmement sérieuses ». Le régulateur estime qu'il pourrait, dans le cadre de son régime d'évaluation des propriétaires, directeurs et cadres dirigeants, déterminer si des motifs de préoccupation existent concernant le rôle de M. Sullivan au sein du club. Si l'autorité venait à disposer d'éléments en ce sens, elle pourrait ouvrir une enquête sur la pertinence de l'homme d'affaires de 77 ans à occuper de telles fonctions. Parmi les critères examinés figure notamment l'intégrité et l'honnêteté des personnes contrôlées.
Des faits qui s'étendraient sur plusieurs décennies
Les accusations, révélées par une enquête conjointe de la BBC Panorama et du Times, émanent de plusieurs femmes. Selon elles, M. Sullivan aurait abusé de son pouvoir et les aurait « chassées » pour des relations sexuelles, certains faits remontant à l'époque où elles étaient âgées d'une vingtaine d'années ou à la fin de leur adolescence. Les plaignantes étaient, pour la plupart, de jeunes mannequins cherchant du travail au sein des journaux Daily et Sunday Sport, dont M. Sullivan était alors propriétaire.
Le gouvernement britannique réclame une enquête approfondie
Le ministère de la Culture, des Médias et des Sports, par la voix d'un porte-parole, a jugé ces allégations « profondément préoccupantes » et a estimé qu'elles devaient être « traitées avec le plus grand sérieux » et « faire l'objet d'une enquête par les autorités compétentes ». Le gouvernement a réaffirmé sa position contre « toute forme de harcèlement ou d'abus de pouvoir sur le lieu de travail ».
David Sullivan nie et se dit victime d'une procédure inéquitable
M. Sullivan a « catégoriquement » démenti l'ensemble des accusations. Il a annoncé, pendant le week-end qui a précédé la publication des révélations, quitter ses fonctions de coprésident du club. Dans sa lettre de démission, il a déclaré vouloir se concentrer sur la contestation de ce qu'il a qualifié d'« accusations factuellement incorrectes et totalement fausses, vieilles de plusieurs décennies », concernant sa vie privée. Il a qualifié l'enquête des médias de « fondamentalement injuste ».
L'homme d'affaires a également expliqué qu'« après une vie passée à bâtir des entreprises dans l'industrie pour adultes, où j'ai rencontré des milliers de femmes, il est malheureusement inévitable qu'un petit nombre de plaintes pour conduite inappropriée soient formulées à mon encontre ».
West Ham prend acte et se prépare à une période sans son coprésident
Le club de West Ham a publié un communiqué indiquant que M. Sullivan avait nié toute « conduite illégale » et qu'il quittait son poste « afin d'éviter toute perturbation pour le club pendant qu'il traite cette affaire en privé ». L'actionnaire principal du club, qui occupait le poste de coprésident depuis seize ans, reste le plus important actionnaire individuel après le décès de son associé David Gold en janvier 2023.
Des questions sur la gouvernance du football anglais
Cette affaire relance le débat sur la gouvernance et le contrôle des dirigeants de clubs en Angleterre. La mise en place récente de l'Independent Football Regulator vise précisément à renforcer les critères d'honorabilité et d'intégrité imposés aux propriétaires et aux dirigeants. Alors que le régulateur examine la situation, les autorités politiques attendent que la lumière soit faite sur des faits qui, s'ils étaient avérés, porteraient gravement atteinte à l'éthique du sport.