Un nouveau pensionnaire pas tout à fait comme les autres fera sa rentrée à la fin de l’été dans un lycée de l’État de New York. Un robot humanoïde prénommé Sally, conçu par la société canadienne Realbotix, rejoindra le corps enseignant en tant qu’assistant pédagogique. Il interviendra principalement dans les cours de sciences et de robotique pour répondre aux questions des élèves.

Sally a été présentée comme une assistante éducative, un soutien supplémentaire aux professeurs humains. Le district scolaire de Salamanca, la circonscription qui a décidé d’intégrer ce dispositif, a signé un contrat d’un montant de 50 270 euros pour l’acquisition du robot et de son assistant, lui-même piloté par une intelligence artificielle.

Un outil complémentaire, pas un remplacement

Les autorités locales ont insisté sur le fait que ce robot ne vise pas à remplacer les enseignants, mais à les épauler. L’objectif est d’offrir aux élèves un interlocuteur supplémentaire, capable de répondre à des questions précises et d’apporter un accompagnement individualisé, notamment dans les matières techniques où les besoins sont souvent plus spécifiques.

Le choix s’est porté sur un robot humanoïde pour faciliter l’interaction avec les adolescents. L’apparence et le nom, Sally, ont été pensés pour créer une forme de familiarité et d’acceptation. L’entreprise Realbotix, basée au Canada, s’est spécialisée dans la fabrication de robots à visage humain destinés à des usages variés, allant de l’accueil à l’éducation.

Déploiement prévu pour septembre

Le déploiement est prévu pour le mois de septembre, à l’occasion de la prochaine rentrée scolaire. Le robot prendra ses fonctions dans le lycée de la ville de Salamanca, située dans l’ouest de l’État de New York, près de la frontière avec la Pennsylvanie. Aucune indication n’a été donnée sur un éventuel élargissement à d’autres établissements du district.

Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large d’expérimentation de l’intelligence artificielle et de la robotique dans les salles de classe américaines. Plusieurs écoles ont déjà testé des logiciels ou des robots pour aider les élèves en difficulté, mais l’introduction d’un humanoïde comme assistant direct demeure rare. Le montant du contrat – environ 55 000 dollars – reflète le caractère encore coûteux de ces technologies.

Un précédent au Canada

Realbotix n’en est pas à son premier essai dans le domaine éducatif. La société a déjà collaboré avec des établissements canadiens pour des expériences similaires, mais l’arrivée dans un lycée new‑yorkais marque une première étape significative aux États‑Unis. Les fabricants espèrent que cette expérience permettra de démontrer l’utilité pédagogique du robot et de convaincre d’autres districts d’investir.

Du côté des enseignants du lycée de Salamanca, l’accueil est prudent mais ouvert. Certains y voient une opportunité de réduire leur charge de travail en déléguant les questions répétitives, tandis que d’autres s’interrogent sur les limites de l’interaction avec une machine. La direction de l’établissement a prévu une période d’adaptation et de formation pour le personnel avant la rentrée.

Défis techniques et éthiques

Au‑delà du coût, plusieurs défis techniques demeurent : le robot devra être capable de comprendre et de générer un langage naturel dans un contexte scolaire, d’interpréter les questions des élèves sans ambiguïté et de répondre de manière pédagogique. Les concepteurs affirment que l’IA embarquée a été entraînée sur des corpus scientifiques et techniques pour garantir la fiabilité des réponses.

Sur le plan éthique, l’introduction d’un robot dans une classe soulève des interrogations : protection des données des élèves, impact sur la socialisation, risque de dépendance à l’assistance automatisée. Le district scolaire a indiqué que toutes les données collectées par le robot seraient anonymisées et ne serviraient qu’à améliorer l’outil, sans être partagées avec des tiers.

Une expérience suivie de près

L’expérience de Salamanca sera observée par de nombreux établissements et chercheurs en éducation. Si elle s’avère concluante, elle pourrait ouvrir la voie à une adoption plus large de robots assistants dans les salles de classe à travers les États‑Unis. À l’inverse, des difficultés techniques ou un rejet des élèves pourraient freiner cette dynamique.

Pour l’heure, Sally attend sagement sa première rentrée. Les élèves du lycée de Salamanca découvriront à la fin de l’été ce curieux professeur d’un nouveau genre, venu du Canada pour leur enseigner la science et la robotique.