Une commission d’enquête mise en place par les Nations unies a rendu public un rapport accusant l’armée israélienne de cibler délibérément des enfants palestiniens dans la bande de Gaza. Les enquêteurs estiment que ces agressions s’inscrivent dans le cadre d’un « génocide » en cours, visant à anéantir la capacité même du peuple palestinien à exister. « En prenant pour cible des enfants, Israël s’attaque à la capacité même du peuple palestinien d’exister », peut-on lire dans le document.

Des accusations de génocide renouvelées

Le rapport, dont les conclusions ont été présentées à Genève, ne se contente pas de dénoncer des violations du droit international humanitaire. Il avance que les opérations militaires israéliennes à Gaza sont conçues pour infliger des conditions de vie destinées à provoquer la destruction physique du groupe palestinien. La commission souligne que les enfants sont frappés de manière systématique, que ce soit par des frappes aériennes, des tirs d’artillerie ou le blocage de l’accès aux soins et à l’alimentation. Cette stratégie, selon les enquêteurs, aurait pour but de compromettre la reproduction démographique et culturelle de la société palestinienne.

Un ciblage intentionnel allégué

Les enquêteurs affirment disposer d’éléments montrant que les forces israéliennes ont visé des écoles, des hôpitaux et des camps de déplacés où se trouvent des enfants, parfois avec des armes de précision. Ces attaques, ajoutent-ils, ne seraient pas des dommages collatéraux mais bien des choix opérationnels délibérés. La commission évoque également l’usage d’armes dont les effets sont particulièrement dévastateurs sur les corps d’enfants. Les auteurs du rapport estiment que ces faits constituent une violation de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, qui interdit de soumettre un groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle.

Réactions et contestations

Les autorités israéliennes ont immédiatement rejeté ces accusations, les qualifiant de « diffamatoires » et de « partiales ». Le gouvernement israélien a dénoncé un rapport « fabriqué de toutes pièces » par une commission « aux ordres d’une majorité automatique hostile à Israël » au Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Les responsables israéliens rappellent que leurs opérations visent à démanteler les capacités militaires du Hamas et qu’ils respectent le droit de la guerre, tout en rejetant tout parallèle avec un génocide. L’ambassadeur israélien à Genève a qualifié les conclusions de la commission d’« antisémites ».

Un contexte de guerre intense

Ce rapport intervient alors que le conflit à Gaza dure depuis plusieurs mois. Les opérations israéliennes, déclenchées en représailles à une attaque sanglante du Hamas en octobre 2023, ont conduit à des destructions massives dans l’enclave palestinienne. Le bilan humain, établi par les autorités sanitaires locales, s’élève à plusieurs dizaines de milliers de morts, dont une proportion importante de femmes et d’enfants. Les accusations de génocide portées par plusieurs États et organisations internationales s’étaient déjà multipliées, mais ce rapport de l’ONU constitue l’une des mises en cause les plus explicites venant d’un organe officiel du système onusien.

Portée juridique limitée

La commission d’enquête, créée par le Conseil des droits de l’homme, n’est pas une instance judiciaire. Ses conclusions ne peuvent pas déboucher directement sur des poursuites pénales. Elles serviront toutefois de base à d’éventuelles actions devant la Cour pénale internationale (CPI) ou la Cour internationale de justice (CIJ). La CPI a déjà ouvert une enquête sur la situation en Palestine, et la CIJ est saisie d’une plainte pour génocide déposée par l’Afrique du Sud. Les experts du rapport pourraient être appelés à témoigner dans ces instances. Le document sera également examiné par l’Assemblée générale des Nations unies, qui pourrait adopter des résolutions contre Israël.

Les précédents rapports

Ce n’est pas la première fois qu’une commission onusienne accuse Israël de crimes de guerre à Gaza. En 2024, un précédent rapport de la même commission avait déjà épinglé l’armée israélienne pour des frappes ayant tué des civils. Mais le rapport de 2026 va plus loin en introduisant explicitement le qualificatif de génocide et en ciblant la question des enfants comme élément central de la stratégie israélienne. Les experts affirment avoir collecté des témoignages, des images satellites et des preuves médico-légales pour étayer leurs dires.