La ville de New York a vécu une nuit de fête sans précédent après la victoire des Knicks lors du cinquième match des finales NBA contre les Spurs de San Antonio, mettant fin à une attente de 53 années sans titre. Dès le coup de sifflet final, des foules enthousiastes ont convergé vers Madison Square Garden, le cœur historique de la franchise, et se sont répandues dans les artères principales de la métropole.
Un déferlement de joie dans toute la ville
À Times Square, des supporters sont montés sur des bus scolaires pour brandir des drapeaux et scander des slogans, tandis que d’autres grimpaient sur des feux de signalisation, des arbres ou des échafaudages. Des feux d’artifice ont été tirés spontanément, et des cortèges de voitures klaxonnaient sans discontinuer sur la Cinquième Avenue, totalement engorgée par la marée humaine. Des chiens étaient parés d’orange et de bleu, et des enfants, pourtant habituellement couchés, ont été réveillés par leurs parents pour partager l’instant.
Dans le quartier de Prospect Heights, à Brooklyn, Joey Dehnert et son épouse Jill ont sorti leur fils Albie, âgé de 5 ans, de son lit pour le porter sur leurs épaules et se joindre à la fête improvisée dans les rues voisines. Interrogé sur son ressenti après avoir été tiré du sommeil, le garçon a répondu : « Très heureux. »
Près de la Garden, une fan zone installée à Plaza33 a rassemblé plusieurs milliers de personnes venues assister à la retransmission du match sur écran géant. Steven Silfa, 37 ans, originaire du Bronx, est resté pour la cérémonie de remise du trophée sur le grand écran, afin de prolonger l’émotion. « Les Knicks – de toute ma vie, je n’ai jamais rien vu de pareil », a-t-il confié, alors que la voix de Frank Sinatra résonnait dans les haut-parleurs.
Un renouveau incarné par Jalen Brunson
Ce titre est le fruit d’une reconstruction progressive entamée il y a plusieurs saisons. L’arrivée du meneur Jalen Brunson en 2022 a marqué un tournant. Depuis, les Knicks ont enchaîné des parcours playoffs de haute volée, remontant des écarts de plus de dix points et imposant un jeu décisif. La génération des moins de 30 ans, qui n’avait connu jusqu’alors que des déceptions, a vu peu à peu le doute se muer en confiance. Mark Santiago, 29 ans, du Bronx, résumait ainsi l’état d’esprit avant la finale : « Cela fait 30 ans de souffrance. Tout ce qu’on connaît, c’est la douleur. » Mais il ajoutait que, depuis l’arrivée de Brunson, les supporters avaient été gâtés par des séries de playoffs exceptionnelles.
Un maire aux côtés des supporters
Le maire de New York, présent dans les célébrations, a salué l’exploit sportif et l’unité qu’il a suscité dans la ville. Un défilé officiel doit être organisé pour honorer les joueurs, comme le veut la tradition new-yorkaise après un titre majeur. Les autorités n’ont pas encore communiqué la date exacte ni le parcours de cette parade.
« Une joie impossible »
Les témoignages recueillis dans les différents arrondissements dessinent le portrait d’une ville entière saisie par l’allégresse. « C’est l’euphorie », a déclaré un fan. Un autre a lancé, juché sur un abribus : « Mesdames et messieurs, nous venons de vivre l’Histoire ! » Les images montrent des inconnus s’étreignant, des supporters faisant la « kick-line » au son de Sinatra sur une piste cyclable de Broadway, et des fans coiffés de cônes de signalisation orange, couleur emblématique de l’équipe.
Le contraste avec les décennies de déceptions est saisissant. Pendant 53 ans, les partisans des Knicks ont alterné espoirs et désillusions, accumulant les échecs en playoffs, les défaites cruelles et les reconstructions avortées. Ce titre, le premier depuis 1973, vient briser la malédiction et offrir à New York ce que certains décrivent comme « une joie impossible ».