Le tribunal correctionnel de Besançon a rendu son verdict, vendredi 3 juillet, dans une affaire de diffamation visant une figure locale du collectif Némésis. La prévenue, Yona Faedda, a été reconnue coupable d’avoir diffusé des documents imprimés et numériques accusant l’ancienne maire écologiste de Besançon de « soutenir les violeurs étrangers ». Cette campagne de dénigrement s’est concrétisée par la distribution de tracts et leur reprise sur des réseaux sociaux, où figurait le portrait de l’élue accompagné de cette inscription.

La juridiction bisontine a prononcé une peine de 2 000 euros d’amende assortie du sursis, ainsi que le versement de 500 euros à titre de dommages et intérêts pour le préjudice moral subi par la plaignante. Cette dernière, qui a occupé le poste de maire de Besançon sous l’étiquette écologiste jusqu’à une date récente, n’est pas nommément citée dans les pièces judiciaires rendues publiques, mais son identité est connue des habitants de la ville.

Appel annoncé

À l’issue de l’audience, Yona Faedda a déclaré sur le parvis du tribunal qu’elle entendait interjeter appel de cette condamnation. La militante n’a pas souhaité préciser les motifs de son recours, mais ses avocats devraient déposer une requête dans les délais légaux.

Le collectif Némésis, dont elle est membre, se présente comme une association féministe mais est régulièrement qualifié de groupe d’extrême droite par les observateurs de la vie politique. Ses actions se concentrent souvent sur la dénonciation de l’immigration et de l’insécurité, en particulier dans les espaces publics.

Origine des faits

Les faits remontent à plusieurs mois avant le jugement. L’ancienne maire écologiste avait porté plainte après avoir découvert des tracts et des messages sur les réseaux sociaux l’accusant, sans fondement, de cautionner des violences sexuelles commises par des étrangers. La diffusion de ces allégations avait suscité une vague d’indignation dans la sphère politique locale.

L’enquête a établi que Yona Faedda était l’auteure principale de cette campagne de diffamation. Lors des débats, la défense a tenté de justifier les propos par la liberté d’expression et le droit de critique envers une élue, mais le tribunal a estimé que le caractère mensonger et diffamatoire des accusations était établi.

Cette condamnation intervient dans un contexte de multiplication des affaires judiciaires impliquant des membres de la mouvance identitaire, souvent poursuivis pour des propos ou actes jugés injurieux à l’encontre de personnalités publiques. Le dossier de Besançon illustre les tensions persistantes autour du traitement médiatique et politique de l’immigration et de la sécurité.