La participation de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard à un déjeuner organisé par un cercle de réflexion lié à Vincent Bolloré suscite des critiques de l'opposition, mais l'exécutif a balayé les interrogations en invoquant le caractère privé de cette présence.
L'événement s'est déroulé le 21 mai 2026 au siège du groupe Vivendi, dont le principal actionnaire est le groupe Bolloré. L'Institut de l'espérance, à l'initiative de ce rendez-vous, est un think tank d'inspiration chrétienne qui vise à peser sur l'élection présidentielle de 2027. Selon les informations disponibles, une centaine de personnes issues des sphères économique et associative y ont participé.
Des invités proches de l'extrême droite et des médias conservateurs
Parmi les convives figuraient plusieurs personnalités marquées à droite de l'échiquier politique. Étaient notamment présents François Durvye, conseiller économique proche de Jordan Bardella et ancien collaborateur de Pierre-Édouard Stérin, le général Pierre de Villiers, frère de Philippe de Villiers, ainsi que Xenia Fedorova, ex-directrice de Russia Today France et figure de CNews. L'invitation aurait été transmise par Stanislas Billot de Lochner, organisateur des « dîners des bâtisseurs » et cofondateur des soirées caritatives conservatrices La Nuit du Bien Commun.
La ministre évoque une invitation personnelle
Annie Genevard a indiqué avoir répondu à une invitation personnelle et présenté sa participation comme relevant d'une démarche strictement privée et non politique. L'ancienne membre du parti Les Républicains (LR) a par le passé pris position contre le mariage pour tous, contre la PMA, s'est abstenue sur l'inscription de l'IVG dans la Constitution et a adopté une ligne ferme sur l'immigration.
Les réactions de l'opposition et la réponse du gouvernement
Le député (La France insoumise) de Seine-Saint-Denis Thomas Portes a estimé que cette participation « fait honte à la République ». La députée (Les Écologistes) du Val-de-Marne Sophie Taillé-Polian a critiqué ces liens avec « le principal promoteur de l'union des droites ».
Interrogée sur ce sujet, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a déclaré que l'exécutif n'était pas informé de cette invitation et qu'Annie Genevard était « libre de participer aux déjeuners ou aux dîners avec qui elle souhaite », tant qu'elle le fait « à titre personnel ».
Cette affaire intervient dans un contexte de rapprochement entre la majorité présidentielle et certaines mouvances conservatrices, et alimente le débat sur les limites entre vie privée et vie publique des membres du gouvernement.