À moins de cinq mois des élections législatives de mi-mandat, Donald Trump a choisi de ranimer une vieille tradition politique américaine : la "peur rouge". Devant le mont Rushmore, le chef de l'État a dénoncé ce qu'il présente comme une "résurgence de la menace communiste" sur le territoire américain, selon des propos rapportés vendredi. Il a notamment mis en garde contre "les nouveaux arrivants" qui, selon lui, "épousent des idées complètement opposées à notre mode de vie".

Cette offensive intervient alors que le Parti républicain cherche à mobiliser son électorat pour le scrutin de novembre. Le président républicain avait déjà qualifié le communisme de "cancer" et de "menace la plus sérieuse" pour les États-Unis depuis leur fondation, il y a 250 ans, dans une déclaration antérieure.

Un procédé électoral éprouvé

La stratégie de Donald Trump s'inscrit dans une pratique connue sous le nom de "red baiting" — une technique visant à assimiler les opposants politiques à l'idéologie communiste. Selon Julian Zelizer, historien à l'université de Princeton, cette méthode consiste à mettre en avant "les liens supposés entre les progressistes et les groupes de gauche avec le communisme", entretenant la confusion entre les deux et accusant la gauche de participer à une "conspiration communiste mondiale".

Cette rhétorique remonte à la première "Peur rouge", après la Première Guerre mondiale, lorsque le gouvernement américain traquait les sympathisants communistes et anarchistes dans le sillage de la révolution bolchévique en Russie. Une seconde vague a eu lieu après la Seconde Guerre mondiale, culminant avec le maccarthisme et la chasse aux infiltrés présumés dans tous les secteurs de la société.

Des cibles précises

Le président octogénaire fait référence à des résultats électoraux récents où plusieurs candidats issus de l'aile gauche du Parti démocrate ont décroché l'investiture pour les législatives de novembre. Parmi eux, plusieurs étaient soutenus par Zohran Mamdani, nouveau maire de New York et membre du Parti démocrate-socialiste. Si ces candidats et élus se revendiquent de la gauche américaine, aucun ne se proclame marxiste ou communiste.

"Clairement, ce que Trump tente de faire, c'est d'exploiter le fait qu'il existe de réelles fractures internes au sein du Parti démocrate", analyse Thomas Zeitzoff, politologue à l'American University.

Un précédent récent

Cette stratégie n'est pas nouvelle pour Donald Trump. Lors de la campagne présidentielle de 2024, il affublait déjà son adversaire Kamala Harris du sobriquet de "camarade Kamala" et affirmait sans fondement qu'"elle est marxiste". La même méthode est ressortie en 2026, alors que la campagne pour les élections de mi-mandat prend son essor.

Cette escalade rhétorique intervient dans un contexte où les divisions internes du Parti démocrate s'accentuent, offrant au président républicain une opportunité de diaboliser ses adversaires en les associant à une idéologie largement stigmatisée dans l'opinion publique américaine.