Donald Trump a qualifié le communisme de « plus grande menace » pour les États-Unis « depuis la fondation » du pays, une déclaration intervenue dans une vidéo diffusée quelques jours avant les célébrations du 250e anniversaire de l'indépendance. Le locataire de la Maison-Blanche a réitéré cette mise en garde lors d'une allocution très patriotique prononcée le 3 juillet au pied du mont Rushmore, dans le Dakota du Sud.
Devant les visages sculptés des anciens présidents George Washington, Thomas Jefferson, Abraham Lincoln et Theodore Roosevelt, le chef de l'exécutif a estimé que l'identité américaine subissait sur le sol national « une nouvelle offensive » conduite par des « radicaux et des extrémistes ». « Il y a une résurgence de la menace communiste sur notre sol », a-t-il affirmé, dénonçant « une tentative indéniable de nous faire perdre notre esprit américain, de nous éloigner de notre histoire ».
Sans se livrer à une charge frontale contre l'immigration, Donald Trump a toutefois précisé sa conception de l'appartenance à la nation : « Vous n'avez pas à être né ici, mais vous devez aimer ce que nous avons construit. » Cette rhétorique intervient alors que les élections de mi-mandat approchent, en novembre, et que les républicains redoutent que l'impopularité du président ne leur fasse perdre le contrôle du Congrès.
Des festivités sous tension
Le 4 juillet, jour de la fête nationale, Donald Trump a prévu de tenir un meeting politique sur le National Mall, la grande esplanade verte au cœur de Washington, suivi de ce qu'il annonce comme le plus grand feu d'artifice au monde, avec 850 000 fusées. La veille, une « grande foire » organisée par la présidence sur le même site a souffert d'une faible affluence et a même dû fermer quelques heures en raison de la chaleur extrême.
Dans ce contexte, un sondage de l'université Quinnipiac publié le 3 juillet indique que 61 % des Américains estiment que leur pays n'est pas à la hauteur des idéaux énoncés dans la Déclaration d'indépendance. Un autre signe du malaise : la cote de popularité du président républicain frôle ses plus bas niveaux, plombée par le coût de la vie et la guerre en Iran.
Une opposition vigoureuse
Les critiques de l'opposition se sont multipliées, visant la vaste offensive anti-immigration menée par l'administration Trump, l'enrichissement de la famille présidentielle et les tentatives d'élargir les pouvoirs de l'exécutif. Le discours du mont Rushmore, mêlant célébration de l'histoire américaine et attaques politiques, illustre la volonté du président de transformer les festivités du 250e anniversaire en une glorification de sa personne, une stratégie qui ne semble pas rencontrer le succès escompté.