Le ministère de la Justice a officialisé son intention de faire bâtir une salle des grands procès sur le domaine de la prison de Fleury-Mérogis, dans l’Essonne. Cette infrastructure, annoncée par le ministre de la Justice, doit permettre d’organiser les audiences liées aux dossiers les plus lourds de criminalité organisée, et en premier lieu le procès dit « Amra ». Le calendrier envisagé prévoit une livraison pour la fin de l’année 2027.

Un équipement conçu pour la sécurité maximale L’édifice sera implanté à l’intérieur même du périmètre pénitentiaire, afin d’offrir des conditions de sécurité renforcées. Les autorités entendent ainsi répondre aux défis posés par les profils les plus dangereux, en évitant les transferts vers des palais de justice classiques jugés moins adaptés. La Chancellerie souligne que cette salle sera spécifiquement réservée aux « grands dossiers de criminalité organisée », un terme qui recouvre notamment les affaires de trafic de stupéfiants, de grand banditisme ou de terrorisme.

Une annonce qui divise les professionnels du droit Si l’exécutif présente ce projet comme une réponse pragmatique aux nécessités de sécurité, il suscite un débat parmi les acteurs judiciaires. Plusieurs magistrats et avocats redoutent que cette salle ne devienne un « tribunal d’exception » dérogatoire au droit commun, ou qu’elle nuise à la publicité des débats en les confinant dans une enceinte carcérale. D’autres s’inquiètent des conditions de travail pour les greffiers et les juristes, qui devraient se déplacer régulièrement en milieu pénitentiaire. Le garde des Sceaux a tenté de rassurer en affirmant que la salle respectera les principes fondamentaux du procès équitable, mais sans lever toutes les réserves.

Un calendrier contraint par l’affaire Amra Le nom de Mohamed Amra, figure du narcobanditisme, est directement associé à cette décision. Son procès, attendu pour les années à venir, nécessite une organisation logistique et sécuritaire hors norme. En faisant construire une salle spéciale, le ministère entend éviter les fuites ou les tentatives d’intimidation qui ont marqué d’autres procès de ce type. Toutefois, des voix s’élèvent pour rappeler que tous les grands procès ne pourront pas y être tenus, et que l’engorgement des juridictions classiques ne sera pas réglé par ce seul équipement.

Les implications financières et architecturales Aucun montant précis n’a été dévoilé, mais des sources concordantes évoquent un investissement significatif, justifié par les impératifs de sécurité. Le chantier devra être mené en site occupé, au sein de la plus grande maison d’arrêt d’Europe, ce qui ajoute une complexité technique. La Chancellerie assure que la programmation sera respectée, avec une ouverture prévue avant la fin 2027.