Une vague de chaleur d'une intensité exceptionnelle s'abat cette semaine sur une large partie des États-Unis, menaçant de saturer un réseau électrique déjà soumis à une demande croissante, notamment en raison de l'explosion des besoins énergétiques liés à l'intelligence artificielle. Les températures devraient dépasser les 38 degrés Celsius de Boston à Washington, avec un indice de chaleur pouvant atteindre 46 degrés sous l'effet de l'humidité, selon les services météorologiques.

Cette canicule, décrite comme un « dôme de chaleur », s'intensifiera de mardi à jeudi et devrait se prolonger jusqu'au week-end du 4 Juillet, qui marque cette année le 250e anniversaire de l'indépendance américaine. Des millions de personnes sont attendues pour les célébrations, tandis que la Coupe du monde de football 2026, dont plusieurs matchs à élimination directe se déroulent dans des villes touchées comme New York, Boston, Philadelphie et Washington, ajoute à la sollicitation du réseau.

Des records de consommation estivale en vue

Le principal gestionnaire de réseau de la région, PMJ Interconnection, prévoit une demande record de 166,3 gigawatts pour la soirée de jeudi, dépassant le précédent pic estival enregistré en 2006. L'opérateur du réseau de l'État de New York, NYISO, s'attend également à une consommation proche des maximums historiques. Dans le Midwest et le Sud, l'opérateur Midcontinent Independent System Operator (MISO), qui couvre 15 États, pourrait voir son propre record de pointe contesté. Pour faire face, les autorités de MISO indiquent qu'elles s'appuieront sur le soutien de PMJ afin de répondre aux besoins des consommateurs.

La demande en électricité dopée par l'intelligence artificielle

Cette situation intervient dans un contexte où la consommation énergétique des infrastructures numériques, en particulier les centres de données dédiés à l'intelligence artificielle, connaît une croissance vertigineuse. Dans un rapport publié en mai, les dirigeants de PMJ avaient déjà tiré la sonnette d'alarme, évoquant un « décalage fondamental entre la rapidité avec laquelle la demande augmente et la capacité à y répondre ». L'essor des applications d'IA générative et l'augmentation du nombre de data centers dans le pays contribuent à une pression inédite sur le réseau, qui doit conjuguer cette nouvelle donne avec les pics saisonniers liés à la climatisation.

Des températures extrêmes et peu de répit nocturne

Les prévisions indiquent que les températures maximales pourraient atteindre 38 degrés Celsius pendant plusieurs jours consécutifs, tandis que l'humidité fera grimper l'indice de chaleur bien au-delà des 40 degrés. Les nuits offriront peu de répit, avec des minimales restant élevées, ce qui accroît le risque pour les populations vulnérables. Face à cette menace, les autorités locales, dont le maire de New York, ont activé des plans d'urgence incluant l'ouverture de centres de rafraîchissement et des mesures de soutien accrues pour les personnes sans abri ou âgées.

Un test majeur pour la résilience du réseau

Alors que la demande d'électricité pour la climatisation explose, les opérateurs redoutent des délestages ou des pannes si la production ne parvient pas à suivre. Les réserves de capacité pourraient être mises à rude épreuve, d'autant que certaines centrales thermiques et nucléaires sont vulnérables aux températures extrêmes, qui réduisent leur rendement ou nécessitent des arrêts pour des raisons de sécurité. Les autorités fédérales et locales surveillent de près l'évolution de la situation, tandis que les consommateurs sont invités à limiter leur consommation aux heures de pointe pour éviter une surcharge du système.