Le navire amiral des studios Disney a pris l'eau dès son lancement. « Vaiana, la légende du bout du monde », l'adaptation en chair et en os du succès d'animation de 2016, a enregistré un démarrage à la peine sur le territoire nord-américain au cours de son premier week-end d'exploitation. Selon les premières estimations des professionnels du secteur, le long-métrage réalisé par Thomas Kail n'a pas atteint les prévisions initiales du studio, suscitant des interrogations sur l'appétit du public pour la stratégie de recyclage des Classiques d'animation.

Un score inférieur à celui de « Blanche-Neige »

Avec des recettes brutes estimées autour de 48 millions de dollars pour les trois premiers jours, la superproduction emmenée par Catherine Laga'aia dans le rôle-titre et Dwayne Johnson dans celui de Maui se situe nettement en deçà des dernières adaptations live-action. Ce chiffre place même le film derrière le récent « Blanche-Neige », qui avait pourtant déjà déçu les analystes. La comparaison est d'autant plus cruelle que le budget de production de « Vaiana » est considéré comme très élevé, aux alentours de 250 millions de dollars, sans compter les frais de promotion. Les esprits critiques n'ont pas tardé à qualifier cette performance d'« échec cuisant » et de « catastrophique », certains commentateurs évoquant une véritable « tempête » pour les finances de la firme aux grandes oreilles.

Un public qui boude une formule jugée trop prévisible

Plusieurs facteurs expliquent cette contre-performance. La sortie du film intervient dans un calendrier estival déjà très chargé, avec la concurrence directe de blockbusters établis et de suites très attendues. Mais au-delà de la conjoncture, c'est surtout la lassitude des spectateurs face à la multiplication des remakes en prise de vues réelles qui est pointée du doigt. « Vaiana, la légende du bout du monde » reprend très fidèlement l'intrigue et les chansons du film original, sans apporter de véritable renouveau artistique ou narratif. Les critiques ont majoritairement salué la performance de sa jeune interprète principale et la beauté des images, mais ils ont dénoncé un « énième produit commercial » dénué d'originalité, une copie quasi conforme qui ne justifie pas son existence autrement que par l'appât du gain. Le public, lui, semble avoir fait la sourde oreille aux sirènes du marketing.

L'avenir de la stratégie live-action en question

Ce revers intervient alors que Disney a bâti une partie de sa stratégie cinématographique sur l'exploitation de son catalogue d'animation. Des titres comme « Le Livre de la Jungle », « La Belle et la Bête », « Aladdin » ou « Le Roi Lion » ont été des succès planétaires, rapportant chacun plus d'un milliard de dollars. Cependant, la tendance semble s'inverser : « Blanche-Neige » et « La Petite Sirène » ont déjà montré des signes d'essoufflement. Le désaveu de « Vaiana » pourrait contraindre les dirigeants du groupe à revoir leur copie, d'autant que de nombreux autres projets sont déjà dans les cartons, notamment des adaptations de « Raiponce », « Hercule » ou « Les Aristochats ». Le long-métrage a tout de même enregistré un bon démarrage sur certains marchés internationaux, mais cela ne suffira pas à compenser la faiblesse du marché domestique américain. Le verdict des prochaines semaines sera crucial pour déterminer si ce naufrage est accidentel ou s'il annonce un changement de cap durable.