La Steam Machine, la console de jeu PC pensée pour le salon, arrive enfin sur le marché. Valve a annoncé que son nouvel appareil sera mis en vente le 29 juin, à un tarif de départ de 1 049 dollars pour le modèle doté de 512 Go de stockage, et de 1 349 dollars pour la version équipée de 2 To. La hausse généralisée des prix des composants électroniques, provoquée notamment par l'essor de l'intelligence artificielle, a contraint le groupe à revoir ses ambitions à la hausse.

Une machine puissante mais onéreuse

La Steam Machine repose sur une architecture maison combinant un processeur AMD Zen 4 à six cœurs cadencé jusqu'à 4,8 GHz et une partie graphique intégrée RDNA 3 de 28 unités de calcul, accompagnée de 8 Go de mémoire vidéo DDR6 soudée à la carte mère. La console embarque également 16 Go de RAM DDR5. L'ensemble fonctionne sous SteamOS, le système d'exploitation Linux développé par Valve pour le Steam Deck.

Deux configurations sont proposées : la première avec 512 Go de stockage, la seconde avec 2 To. Cette dernière inclut deux plaques de façade exclusives aux finitions tissu rouge et noyer. Il est possible d'ajouter une manette Steam Controller au prix de 79 dollars supplémentaires.

Pour se procurer l'appareil, Valve a mis en place un système de réservation aléatoire. L'entreprise affirme vouloir ainsi rendre l'expérience « moins frustrante et plus équitable », dans un contexte où la demande pourrait dépasser l'offre.

Une vision initiale devenue intenable

Interrogée sur le niveau de prix, la firme de Bellevue reconnaît que son projet initial n'a pas résisté à l'évolution du marché. Lorsque Valve a commencé à sourcer les composants en 2023, elle anticipait un coût de production bien inférieur. Mais l'envolée des prix de la mémoire et des processeurs, couplée à la pénurie de certains semi-conducteurs, a balayé ces prévisions. Valve déclare que la vision d'origine n'est « plus viable » en 2026. Le prix de vente final reflète donc le coût réel des pièces achetées au cours des six derniers mois, sans subvention de la part de l'éditeur.

Cette absence de subvention distingue la Steam Machine des consoles traditionnelles, souvent vendues à perte au lancement et rentabilisées sur les ventes de jeux. Valve choisit ici d'appliquer une marge directe sur le matériel, une stratégie déjà en partie pratiquée avec le Steam Deck, dont le prix a d'ailleurs augmenté de plus de 200 dollars récemment.

Un contexte de hausse généralisée

Valve n'est pas la seule à répercuter la flambée des coûts. Sony a porté la PlayStation 5 de base à 600 dollars et le modèle Pro à 900 dollars. Nintendo a relevé le prix de la Switch 2 de 450 à 500 dollars au cours des derniers mois. Les fabricants de PC comme Dell, Lenovo et HP ont également augmenté leurs tarifs. Dans cet environnement, un appareil de jeu dépassant les 1 000 dollars n'apparaît plus comme une anomalie, mais comme la conséquence d'une inflation généralisée des composants.

Des performances adaptées au salon

Grâce à la puissance graphique de sa puce RDNA 3 et aux technologies de mise à l'échelle, la Steam Machine est censée faire tourner la plupart des jeux PC exigeants sur un téléviseur. La console reprend le concept du Steam Deck, mais sans l'écran ni la batterie, ce qui permet d'optimiser le rapport performances/prix pour un usage fixe. Les jeux compatibles avec le catalogue Steam pourront être joués directement depuis l'interface SteamOS, avec la prise en charge des manettes et des configurations de salon.

Conclusion

En renonçant à subventionner sa machine, Valve assume un positionnement haut de gamme justifié par la réalité des coûts de production. Le lancement du 29 juin sera l'occasion de mesurer l'appétit des joueurs pour une console PC à plus de 1 000 dollars, dans un marché où les prix ne cessent de grimper.