Le gouvernement polonais a annoncé la construction d'un Mur du Souvenir à Varsovie, dédié aux victimes des atrocités qu'il qualifie de «génocide» perpétré par les «nationalistes ukrainiens» durant la Seconde Guerre mondiale. Cette initiative s'inscrit dans le cadre d'une politique mémorielle visant à honorer les civils polonais tués entre 1943 et 1944, principalement dans les régions de Volhynie et de Galicie orientale.

Ces massacres ont été commis par l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), une organisation nationaliste ukrainienne. Les estimations historiques, largement reconnues en Pologne, font état de 40 000 à 100 000 victimes polonaises. En 2016, la Diète polonaise a officiellement adopté une résolution qualifiant ces événements de «génocide», une position que Varsovie continue de défendre avec force.

De son côté, l'Ukraine rejette la qualification de génocide. Kiev considère que ces violences doivent être comprises dans le contexte plus large d'un conflit interethnique où les deux camps ont commis des exactions. Les autorités ukrainiennes estiment que l'emploi de ce terme entretient une lecture partiale de l'histoire et constitue un obstacle à la réconciliation entre les deux peuples. Ce désaccord mémoriel empoisonne régulièrement les relations bilatérales.

Le Mur du Souvenir, dont l'emplacement précis dans la capitale polonaise n'a pas encore été dévoilé, devrait comporter des inscriptions rappelant la nature des événements et le nombre de victimes. Aucune date d'inauguration n'a été communiquée à ce stade. Le projet a été présenté comme un acte de piété nationale destiné à transmettre la mémoire des souffrances endurées.

Cette décision intervient dans un climat où les relations polono-ukrainiennes sont mises à l'épreuve par ce contentieux historique, malgré une coopération étroite dans les domaines politique et sécuritaire, notamment face à la Russie. Les tentatives passées de dialogue, comme les commissions d'historiens ou les déclarations conjointes, n'ont pas permis de rapprocher les positions des deux capitales. Les réactions officielles de Kiev à cette annonce n'étaient pas encore connues dans l'immédiat.

Pour de nombreux observateurs, ce nouveau monument pourrait raviver les tensions entre Varsovie et Kiev, alors que les deux pays cherchent à maintenir une relation stable dans un contexte géopolitique tendu. La question de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale reste l'un des sujets les plus sensibles dans le dialogue bilatéral.