Le bilan humain des tremblements de terre qui ont secoué le Venezuela ne cesse de s'aggraver. Selon les dernières annonces des autorités, relayées par le chef de l'Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, au moins 920 personnes ont perdu la vie et 3 360 autres ont été blessées. Ces chiffres, communiqués lors d'une intervention télévisée vendredi, pourraient encore évoluer à mesure que les opérations de secours avancent.
Les deux secousses, survenues mercredi à quelques secondes d'intervalle, ont provoqué des destructions massives dans le nord du pays, notamment dans la région de La Guaira. Cette zone, située au nord de la capitale Caracas, abrite le principal aéroport international du pays, Simón Bolívar, ainsi qu'un des deux grands ports vénézuéliens. Elle a été la plus durement touchée.
Des familles dans l'attente
De nombreux habitants restent sans nouvelles de leurs proches. Natacha Diaz, une mère de famille, a confié son désespoir face à la disparition de ses deux filles, âgées de 22 et 23 ans, qui travaillaient comme manucures dans un centre commercial qui s'est effondré. « Elles étaient avec leurs amies. Je veux juste qu'on les retrouve. J'ai la foi et l'espoir qu'elles sont là », a-t-elle déclaré, avant d'ajouter : « Je veux qu'elles reviennent auprès de moi. Elles sont tout ce que j'ai. »
Selon Jorge Rodríguez, au moins 172 personnes seraient encore piégées sous les gravats. Dans le seul État de La Guaira, 243 personnes ont pu être secourues, a précisé le responsable, qui est également le frère du président par intérim.
Des structures médicales débordées
La présidente par intérim, Delcy Rodríguez, a indiqué lors d'un point presse diffusé à la télévision que plus de 200 répliques ont été enregistrées depuis les premières secousses. Les autorités ont recensé des centaines de bâtiments endommagés ou détruits, parmi lesquels des hôpitaux, des centres commerciaux, ainsi qu'au moins un millier d'autres infrastructures.
Les établissements de santé encore debout sont submergés. Un médecin, Pedro Javier Fernandez, a décrit une situation déjà critique avant la catastrophe : « Tous nos hôpitaux manquent de fournitures, de médicaments. Nous ne sommes pas en mesure de prodiguer des soins à notre population en temps normal. Avec cette tragédie, l'urgence est encore plus grande et il est plus difficile d'y faire face que dans d'autres pays. »
Les blessés sont pris en charge dans des installations médicales de fortune. Des équipes de secouristes internationaux, venues de plusieurs pays, sont arrivées pour prêter main-forte aux équipes locales, et d'autres sont attendues dans les prochains jours.
Un séisme d'une rare puissance
La seconde secousse, d'une magnitude de 7,5, est l'une des plus fortes à avoir frappé le pays depuis plus d'un siècle. Les témoins décrivent un événement « brutal et rapide », qui a semé la panique dans la population. Les images des décombres et des bâtiments effondrés témoignent de l'ampleur des dégâts matériels, mais aussi du lourd tribut humain.