Vers une levée des restrictions.

La société Anthropic, spécialisée dans l'intelligence artificielle, se rapprocherait d'un accord avec le gouvernement fédéral américain visant à alléger les restrictions qui pèsent actuellement sur ses modèles les plus avancés. Selon des sources proches du dossier, un compromis aurait été trouvé pour permettre à la start-up de ne plus être soumise à l'ordre exécutif qui, depuis plusieurs semaines, lui interdisait d'accorder l'accès à ses technologies aux ressortissants étrangers.

Un nouveau dispositif supervisé par le Département du Commerce.

Le mécanisme envisagé prévoirait que le Département du Commerce américain joue un rôle de supervision et de certification des modèles d'IA, plutôt que d'imposer un simple blocage. Sous ce nouveau cadre, Anthropic s'engagerait à soumettre ses systèmes les plus sensibles à une évaluation préalable avant tout déploiement commercial. En contrepartie, la Maison-Blanche lèverait l'interdiction générale qui frappait l'entreprise depuis la mi-juin.

Cette architecture réglementaire inédite marquerait un changement d'approche notable par rapport à la position initiale de l'administration Trump, qui avait ordonné le 13 juin à Anthropic de bloquer l'accès à ses modèles d'IA les plus perfectionnés pour tout utilisateur basé en dehors des États-Unis.

Des négociations avancées mais pas encore finalisées.

Plusieurs sources indiquent que les discussions entre les représentants d'Anthropic et les hauts fonctionnaires du Département du Commerce et de la sécurité nationale sont entrées dans une phase décisive. Un accord définitif pourrait être annoncé prochainement, même si des points techniques restent à régler concernant les modalités exactes de la supervision gouvernementale.

La start-up basée à San Francisco aurait notamment accepté de mettre en place un système de surveillance continue de ses algorithmes, afin de garantir que ceux-ci ne présentent pas de risques pour la sécurité nationale. Ce système serait audité par des experts désignés par l'administration.

Un précédent pour l'industrie.

Si cet accord se concrétise, il pourrait établir un précédent pour l'ensemble du secteur de l'intelligence artificielle aux États-Unis. Les autorités américaines chercheraient ainsi à concilier les impératifs de sécurité nationale avec la nécessité de ne pas entraver l'innovation et la compétitivité des entreprises américaines sur le marché mondial.

Anthropic, qui avait initialement contesté la décision de l'administration Trump, semble désormais prête à accepter un cadre réglementaire strict en échange d'une liberté d'action restaurée. L'entreprise n'a pas officiellement commenté l'état des négociations.

Contexte tendu.

Depuis l'ordre exécutif du 13 juin, la situation avait plongé les employés et la direction d'Anthropic dans une profonde incertitude. Les restrictions avaient notamment compliqué les partenariats internationaux de la firme et suscité des réactions vives, y compris de la part de dirigeants étrangers comme le président français Emmanuel Macron, qui avait tenté de trouver des voies de contournement.

Plusieurs experts avaient par ailleurs mis en garde contre les risques d'une concentration excessive du pouvoir sur l'IA, à l'image de l'ancien gouverneur de la Banque du Canada Mark Carney, qui avait alerté sur les dangers d'un contrôle unilatéral par une seule puissance étatique.

L'annonce d'un possible accord intervient alors que la position de Washington semblait s'être assouplie ces derniers jours, après que le président Trump eut lui-même estimé qu'Anthropic ne représentait pas une menace pour la sécurité nationale américaine.