Un cordon de sécurité étanche

Depuis plusieurs jours, Évian-les-Bains est sous très haute surveillance. Le sommet du G7, qui réunit les dirigeants des sept plus grandes puissances économiques mondiales, a conduit à la mise en place d’un dispositif sécuritaire exceptionnel. Les accès à la ville thermale sont filtrés, les rues quadrillées par les forces de l’ordre. « On doit être la ville la plus sécurisée du monde en plein G7 », résume un habitant.

Des rues vidées de leurs promeneurs

Ce lundi, alors que les chefs d’État et de gouvernement s’apprêtent à entamer leurs discussions, le centre-ville d’Évian offre un spectacle inhabituel. Les touristes et les promeneurs, d’ordinaire nombreux dans cette cité balnéaire de la Haute-Savoie, se font rares. Les terrasses des cafés restent vides, les boutiques peinent à attirer du monde. La ville, habituée à une fréquentation estivale soutenue, semble paralysée par la forteresse sécuritaire érigée pour l’occasion.

Des commerçants entre espoir et désillusion

Pour les commerçants, la déception est à la hauteur des attentes. Beaucoup espéraient que la tenue du sommet doperait leur activité, grâce à la présence des délégations, des journalistes et des personnels logistiques. Mais dans les faits, les clients sont rares. Un commerçant confie : « On pensait que ce serait une manne, mais les gens ne peuvent pas entrer, ou alors ils sont contrôlés et ça freine les achats. » Un autre regrette : « Il y a moins de passage qu’un jour de semaine ordinaire. On avait mis des stocks, mais ça ne sert à rien. »

Un manque à gagner redouté

Plusieurs professionnels du commerce et de l’hôtellerie craignent un bilan financier négatif. Les perturbations de circulation, les fermetures de routes et les périmètres de sécurité ont découragé une partie de la clientèle habituelle. Les réservations hôtelières n’ont pas atteint les niveaux escomptés. Certains établissements affichent un taux de remplissage inférieur à 40 %, selon des sources concordantes. « On avait anticipé une grosse affluence, mais au final on perd de l’argent à cause des mesures de sécurité », déplore une hôtelière.

Un dispositif hérité des précédents sommets

La France n’en est pas à son premier exercice de sécurisation d’un sommet international. Le précédent G7, également organisé à Évian en 2003, avait déjà donné lieu à un déploiement massif. Les autorités locales et nationales ont capitalisé sur cette expérience pour ajuster le dispositif. Des barrages filtrants, des drones de surveillance et des patrouilles renforcées sont déployés dans toute l’agglomération.

Des habitants partagés

Les riverains, eux, oscillent entre fierté et lassitude. « C’est une chance pour la ville d’accueillir un tel événement, mais ça pèse sur la vie quotidienne », témoigne une habitante. Les trajets sont allongés, certaines rues sont fermées, et les commerces de première nécessité restent accessibles au prix de contrôles systématiques. La plupart des habitants ont anticipé en faisant leurs courses avant le week-end, mais certains expriment leur exaspération : « On se sent confiné chez soi, c’est impressionnant mais aussi pesant. »

Un bilan économique incertain

Au-delà des désagréments immédiats, les professionnels du tourisme s’interrogent sur les retombées réelles du G7. Les investissements réalisés dans la sécurisation et l’accueil des délégations sont colossaux, mais le retour sur image pour la station thermale reste difficile à évaluer. Certains espèrent que la couverture médiatique mondiale donnera envie à de futurs visiteurs de découvrir Évian. En attendant, les commerçants comptent les pertes et redoutent que l’effet « vitrine » ne suffise pas à compenser le manque à gagner enregistré pendant le sommet.

Vers un déconfinement progressif

Le sommet doit s’achever dans les prochains jours. À partir de la fin des discussions, les mesures de sécurité devraient être allégées progressivement, permettant à la ville de retrouver son rythme normal. Mais pour de nombreux commerçants, le mal est fait : la saison estivale est courte et chaque jour compte. Comme le résume un restaurateur : « Le G7 passe, mais nous, on doit vivre tout le reste de l’année. »