Le Parti conservateur écossais a remporté une victoire inédite à la législative partielle d’Aberdeen South, une circonscription laissée vacante par le député sortant du SNP, Stephen Flynn. Cette élection, organisée après le départ de Flynn pour le Parlement écossais, a vu le candidat conservateur Douglas Lumsden s’imposer avec une avance de plus de 6 000 voix sur son adversaire du SNP, Richard Thomson. Les conservateurs ont recueilli près de la moitié des suffrages exprimés, selon les résultats officiels.

Une campagne centrée sur l’industrie pétrolière

Douglas Lumsden, qui est également membre du Parlement écossais (MSP) pour la région du Nord-Est, a immédiatement annoncé qu’il démissionnerait de Holyrood en raison de l’interdiction du cumul des mandats, six semaines seulement après avoir été réélu. Son discours de victoire a fortement insisté sur la défense du secteur pétrolier et gazier, pierre angulaire de l’économie locale. « La destruction de l’industrie pétrolière et gazière doit cesser maintenant », a-t-il déclaré, estimant que ses électeurs avaient envoyé un message clair au gouvernement travailliste et au SNP.

La dirigeante du Parti conservateur, Kemi Badenoch, présente lors du comptage des voix, a qualifié ce scrutin de « victoire historique » et a affirmé qu’il revêtait une importance nationale. « La partielle de Makerfield concernait le poste d’un seul homme. Celle d’Aberdeen South concernait des milliers d’emplois à travers le pays, en particulier dans le secteur pétrolier et gazier », a-t-elle expliqué. Elle a ajouté qu’Aberdeen avait « envoyé un message au gouvernement travailliste et au SNP : nous ne serons pas ignorés ». Badenoch a également souligné les enjeux de sécurité nationale et énergétique.

Réactions contrastées

Le chef des conservateurs écossais, Russell Findlay, a décrit le résultat comme une « victoire sensationnelle » et une forme de « référendum sur le pétrole et le gaz ». De son côté, le Premier ministre écossais John Swinney a reconnu comprendre les raisons de cette défaite pour son parti. Il a estimé que les conservateurs avaient su capitaliser sur la « colère compréhensible » des habitants d’Aberdeen et du Nord-Est face aux difficultés du secteur. Swinney a indiqué qu’il tentait d’aider l’industrie en pressant le gouvernement britannique d’abolir la taxe sur les bénéfices exceptionnels des sociétés énergétiques, qui prélève actuellement 78 % de leurs bénéfices.

L’organisation environnementale Greenpeace UK a réagi en mettant en garde contre les « fausses promesses » des conservateurs, qui ne garantiraient pas, selon elle, un avenir économique prospère pour Aberdeen. Amy Cameron, porte-parole de l’ONG, a plaidé pour une « transition juste » suffisamment solide pour que la population « accepte de laisser partir l’industrie qui a construit leur communauté » et « fasse confiance à la nouvelle économie pour les rattraper ».

Contexte politique élargi

Cette élection partielle s’inscrit dans un contexte de recomposition politique après les élections législatives britanniques. Le siège d’Aberdeen South avait été laissé vacant par Stephen Flynn, élu au Parlement écossais, tout comme un autre député SNP, Stephen Gethins, qui a également provoqué une partielle dans sa circonscription. La victoire des conservateurs dans ce bastion SNP marque un changement notable de dynamique dans le Nord-Est de l’Écosse, une région historiquement travailliste avant la montée du SNP.

Par ailleurs, le Parti national écossais a revendiqué une victoire dans la partielle d’Arbroath et Broughty Ferry, où Lara Bird a conservé le siège pour son parti. Cette élection s’est déroulée parallèlement à celle d’Aberdeen South.

Le gouvernement britannique a choisi Aberdeen comme siège de GB Energy, sa nouvelle entreprise publique dédiée aux énergies renouvelables, plaçant la ville au cœur des débats sur l’avenir énergétique du Royaume-Uni. Les conservateurs écossais et leurs alliés nationaux entendent désormais utiliser cette victoire pour peser sur les futures politiques énergétiques du Labour.