Nouvelles promesses gouvernementales. Interrogée ce mercredi 18 juin, la ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a réaffirmé sa volonté de voir aboutir des réformes majeures en matière de lutte contre les violences sexuelles « avant la fin du quinquennat ». Cette déclaration intervient dans le sillage de l'affaire Lyhanna, qui a relancé le débat sur la prescription de ces crimes.
L'imprescriptibilité au cœur des discussions. La ministre a précisé souhaiter intégrer le principe d'imprescriptibilité des violences sexuelles dans le futur projet de loi sur l'enfance. « Il faut que la loi permette de juger ces actes odieux, quel que soit le temps écoulé », a-t-elle indiqué, soulignant que la justice doit pouvoir rattraper les auteurs, même des décennies après les faits. Cette position rejoint les demandes de nombreuses associations de victimes et de défense des droits de l'enfant.
Un calendrier serré. Aurore Bergé a également assuré que « les réformes nécessaires seront prises avant la fin du quinquennat », insistant sur la nécessité d'une action rapide et tangible. Elle a rappelé que le gouvernement avait déjà engagé plusieurs chantiers, notamment sur l'écoute des victimes et le renforcement des peines, mais que l'affaire Lyhanna imposait d'aller plus loin.
Des mesures concrètes attendues. Outre l'imprescriptibilité, plusieurs pistes sont évoquées : allongement des délais de prescription pour les agressions sexuelles, création d'un statut spécifique pour les témoignages de victimes, ou encore meilleure coordination entre les services de l'État et les associations. La ministre a insisté sur la nécessité de « briser la loi du silence » et de « protéger les enfants dès le plus jeune âge ».
Contexte : l'affaire Lyhanna. Ce dossier, qui a profondément ému l'opinion publique, concerne une jeune fille victime de viols et d'agressions sexuelles répétés pendant son enfance. L'impossibilité pour la justice de poursuivre les auteurs en raison de la prescription avait provoqué une vive émotion et relancé les appels à une réforme de la législation. Le cas de Lyhanna est devenu un symbole de la lutte contre l'impunité des crimes sexuels sur mineurs.
Des oppositions attendues. Si la ministre affiche sa détermination, certains juristes et parlementaires rappellent les difficultés techniques et constitutionnelles d'une éventuelle imprescriptibilité. La question de la rétroactivité de la loi et de la charge de la preuve reste centrale. Le débat promet d'être vif lors de l'examen du projet de loi sur l'enfance, attendu dans les prochains mois.
Prochaines étapes. Le gouvernement devrait présenter les grandes lignes du texte à l'automne. Aurore Bergé s'est dite confiante dans la capacité de la majorité à trouver un consensus, tout en reconnaissant que « des arbitrages seront nécessaires ». Elle a conclu en appelant à « une mobilisation collective » pour que l'affaire Lyhanna ne soit pas un simple électrochoc, mais le point de départ d'une transformation durable du système judiciaire.