Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a présenté l'attaque de drones contre la raffinerie de Moscou comme une action légitime dans le cadre de la défense de son pays. Il a lui-même diffusé une vidéo montrant l'ampleur des dégâts causés à l'installation de Kapotnya, située à une trentaine de kilomètres du centre de la capitale russe. Cette frappe, survenue tôt jeudi matin, constitue la deuxième en l'espace de quelques jours contre ce site stratégique qui assure l'approvisionnement d'un tiers de la ville de Moscou.
Une attaque massive et revendiquée
Selon les autorités russes, il s'agit de la plus importante attaque de drones contre Moscou depuis au moins deux ans. La défense antiaérienne aurait abattu 190 appareils dans la nuit, mais « quelques-uns » auraient réussi à atteindre la raffinerie, provoquant un incendie. Les aéroports de la capitale ont vu leur fonctionnement perturbé. Le maire de Moscou a communiqué un bilan officiel, relayé par les agences d'État, tandis que le président Zelensky, de son côté, a revendiqué l'opération en la qualifiant de réponse appropriée aux frappes russes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes.
Une censure renforcée
Les autorités russes ont imposé un contrôle strict de l'information autour de cet événement. Depuis le 13 mai, un décret du maire de Moscou interdit la diffusion d'images et de vidéos des attaques prises par des passants ou par la presse. Seules les informations officielles sont autorisées. Dans les premières heures qui ont suivi la frappe, les médias autorisés en Russie ont diffusé des images floutées des lieux touchés, et les quartiers concernés ont été bouclés. Les rues d'accès étaient même masquées sur Yandex Maps, le service de cartographie local. Un blogueur patriotique très suivi a été convoqué au commissariat pour avoir publié la vidéo de l'attaque sur sa chaîne Telegram.
Des conséquences politiques et psychologiques
Au-delà des dégâts matériels, cette attaque porte un coup à la narrative du Kremlin, qui promettait une victoire rapide et la mise à l'abri de la population civile. Le fait que des drones ukrainiens puissent atteindre à nouveau la raffinerie qui alimente la capitale, malgré les dénégations officielles et la censure, suscite une vive inquiétude parmi les Moscovites. La capitale, la plus grande ville d'Europe continentale avec environ 14 millions d'habitants intra-muros et une agglomération de 18 millions, se voit rappeler que le conflit peut frapper au cœur du territoire russe. L'opposition en exil et certaines chaînes Telegram ont diffusé des images spectaculaires de panaches de fumée noire et d'immeubles endommagés, contournant partiellement le black-out informationnel.