Une annonce présidentielle inédite
Donald Trump a révélé, via son réseau social Truth Social, qu’Apple avait donné son accord pour travailler avec Intel sur la conception et la fabrication de puces aux États-Unis. « Apple a accepté de travailler avec Intel pour concevoir et fabriquer ses puces en Amérique », a écrit le chef de l’État. Il a ajouté : « Nous concevons tout, mais nous devons FABRIQUER ici, MAINTENANT ! » Cette déclaration marque une intervention directe de l’exécutif dans les relations entre deux géants de la tech, d’autant plus que ni Apple ni Intel n’avaient officiellement confirmé un tel partenariat à ce stade.
L’État actionnaire d’Intel
Ce rapprochement s’explique par le nouveau statut de l’administration Trump, devenue depuis août 2025 le premier actionnaire d’Intel. En échange d’un investissement de 8,9 milliards de dollars, Washington a acquis près de 10 % du capital du groupe. Cette somme correspond à des subventions du Chips Act converties en participation. Selon Donald Trump, les actions d’Intel valaient environ 100 milliards de dollars au moment de l’offre, pour atteindre aujourd’hui plus de 600 milliards, ce qui porterait la part de l’Amérique à plus de 60 milliards de dollars.
Un enjeu stratégique pour Intel
Intel tente de relancer sa division foundry face à la domination de TSMC. Jusqu’à présent, seul MediaTek a été confirmé comme client tiers. Obtenir Apple, même pour une partie de ses besoins, constituerait un signal fort. Apple avait abandonné Intel en 2020 pour ses Mac, adoptant ses propres puces M-series conçues sur base Arm et fabriquées par TSMC. Un retour partiel chez Intel représenterait un revirement industriel significatif.
Souveraineté et relocalisation industrielle
Le président américain inscrit cette annonce dans une politique plus large de relocalisation de la production de semi-conducteurs. Le gouvernement fédéral, via son actionnariat, dispose désormais d’un levier direct pour orienter les décisions d’Intel. Cette stratégie vise à réduire la dépendance des États-Unis vis-à-vis de l’Asie pour la fabrication de puces. L’accord entre Apple et Intel, bien que non confirmé par les entreprises, illustre la volonté de l’administration Trump de favoriser une chaîne d’approvisionnement 100 % américaine.
Réactions et attentes
Aucune déclaration officielle n’a pour l’instant été émise par Apple ou Intel. Les analystes du secteur observent que la capacité d’Intel à répondre aux exigences techniques d’Apple – notamment en matière de gravure en 3 nm et 2 nm – reste un défi. Toutefois, l’appui financier et politique de l’État pourrait accélérer les investissements nécessaires. L’annonce, si elle se concrétise, redistribuerait les cartes du marché mondial des semi-conducteurs.