Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé mercredi 18 juin que les groupes Apple et Intel allaient travailler ensemble à la production de puces électroniques aux États-Unis. L'information a été diffusée via un message publié sur son réseau social, Truth Social, dans lequel le chef de l'État affirme que les deux entreprises sont parvenues à un accord portant sur la fabrication de semi-conducteurs destinés aux appareils de la marque à la pomme.
Une annonce qui fait réagir les marchés
Cette déclaration a immédiatement eu un effet sur les marchés financiers. L'action Intel a bondi d'environ 11 % à la suite de l'annonce, les investisseurs saluant la perspective d'un contrat majeur avec l'un des plus grands concepteurs de puces au monde. Le titre du fabricant de semi-conducteurs a ainsi enregistré l'une de ses plus fortes hausses de l'année.
Dans son message, Donald Trump a également critiqué la politique industrielle de ses prédécesseurs, les qualifiant de « présidents incompétents » qui ont « laissé Taïwan s'emparer de nos usines ». Selon lui, son administration aurait « sauvé Intel » et permis la conclusion de ce partenariat. Le président américain a par ailleurs laissé entendre que ce projet s'inscrivait dans une stratégie plus large de rapatriement de la production de composants stratégiques sur le territoire national.
Un précédent accord déjà évoqué en mai
Cette annonce intervient alors qu'un accord préliminaire entre Apple et Intel avait été évoqué dès la fin du mois de mai dernier. À l'époque, les deux sociétés étaient déjà en discussion pour un partenariat de production de puces. Les déclarations récentes de Donald Trump suggèrent que ces négociations auraient connu une accélération notable.
Toutefois, le contenu précis de l'accord demeure flou. Apple, qui conçoit ses propres processeurs depuis plusieurs années, s'appuie actuellement sur le taïwanais TSMC pour la fabrication de ses puces. Un transfert d'une partie de cette production vers Intel représenterait un changement stratégique majeur pour l'entreprise californienne.
Des questions sans réponse
Ni Apple ni Intel n'ont encore officiellement confirmé l'information avancée par le président américain. Interrogés par plusieurs médias, les services de communication des deux groupes n'avaient pas réagi dans l'immédiat. Le silence des entreprises concernées jette un doute sur la réalité et le périmètre exact de l'accord annoncé.
Cette absence de confirmation n'est pas inhabituelle dans le cadre d'annonces présidentielles surprises. Il arrive régulièrement que des déclarations de dirigeants politiques précèdent les communications officielles des entreprises impliquées.
Enjeux industriels et politiques
Si l'accord se confirmait, il représenterait une avancée significative pour la stratégie de relocalisation industrielle défendue par Donald Trump. La production de semi-conducteurs est devenue un enjeu géopolitique majeur, les États-Unis cherchant à réduire leur dépendance vis-à-vis de Taïwan et de l'Asie du Sud-Est.
Intel, qui a longtemps dominé le marché des processeurs avant de perdre du terrain face à des concurrents comme AMD et TSMC, tente de se repositionner comme un acteur de premier plan dans la fabrication de puces pour compte de tiers. L'entreprise a investi massivement dans ses usines américaines ces dernières années.
De son côté, Apple cherche à diversifier ses sources d'approvisionnement en semi-conducteurs, après avoir été confrontée à des tensions sur la chaîne d'approvisionnement mondiale. Le groupe californien avait déjà annoncé son intention de s'approvisionner auprès de plusieurs fournisseurs pour ses futurs composants.
Les prochains jours devraient permettre d'en savoir plus sur la réalité de cet accord et sur ses modalités concrètes, alors que les marchés et les observateurs attendent une communication officielle des deux entreprises.