La tension entre Washington et La Havane atteint un pic rarement observé depuis l’apogée de la guerre froide. L’administration américaine a récemment fait savoir qu’elle était « déterminée » à obtenir un changement de régime à Cuba, marquant une escalade verbale et juridique sans précédent dans les relations bilatérales.
Des accusations et une inculpation
Le 20 mai, le secrétaire d’État Marco Rubio a diffusé une allocution vidéo dans laquelle il prétendait tendre la main au peuple cubain tout en maintenant la pression sur le gouvernement. Le même jour, la justice américaine a inculpé l’ex-président cubain Raul Castro, une décision perçue comme un geste politique fort par les autorités de La Havane. Ce double mouvement intervient après que les États-Unis ont affirmé que Cuba se préparait à les attaquer à l’aide de centaines de drones militaires fournis par la Russie et l’Iran. Ces allégations sont rejetées par les responsables cubains, qui y voient une tentative de justifier une possible intervention militaire.
Un niveau de pression inédit
Pour de nombreux observateurs, le degré de confrontation actuel n’a pas d’équivalent depuis la crise des missiles de 1962. L’île, déjà asphyxiée par l’embargo économique imposé depuis des décennies, subit un resserrement supplémentaire des restrictions. Le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, a promis que Pékin continuerait à défendre Cuba sur la scène internationale, reflétant la solidité des liens sino-cubains. Mais ce soutien diplomatique peine à contrebalancer l’étau américain.
Un spectre d’intervention militaire
Plusieurs analystes estiment que Washington n’exclut plus l’option d’une opération armée, voire d’une invasion. Le discours officiel américain présente l’île comme une menace stratégique majeure, ce qui alimente les craintes d’une escalade irréversible. Du côté cubain, les autorités multiplient les dénonciations d’un « blocus impérial » et appellent leurs alliés à une solidarité accrue.
La situation devrait continuer de dominer l’actualité internationale dans les semaines à venir, alors que les deux capitales campent sur des positions diamétralement opposées.